‹ LamartineChapitre 14 sur 46 · Jocelvn, VI» Epoque · texte numérisé non relu

Jocelvn, VI» Epoque

Ce n'est pas que Jocelyn puisse s'expliquer tout entier par cet humanitarisme de néoph3'te. Méditations d'amour solitaire, effusions pieuses d'une àme pleine de Dieu, — tout le Lamartine de trente ans s'y retrouve encore, et cette complexité même semble donner raison à ceux qui vénèrent en lui le chef-d'œuvre le plus lamartinien de Lamartine. La Chute (Tiin ange, qui pourrait paraître d'abord si étrangère à la vie contemporaine, est pourtant, elle aussi, toute pénétrée de ce souffle social : ce n'est pas seulement un épisode de Thistoire de l'Humanité; c'est encore pour l'Humanité d'aujourd'hui une leçon : la Barbarie ignorante et la Science corruptrice sont également éloignées de Dieu, du Dieu ineffable et tout esprit, vers qui le genre humain doit marcher d'un élan à la fois audacieux et confiant, comme vers un horizon qui recule toujours. Mais c'est dans les I Recueilleinents — dont le titre dit si mal le \ contenu \ — que la transformation du poète ^apparaît manifeste. Ce ne sont plus, comme jadis, des méditations oîi il se repliait sur soimême, des cantiques où il montait d'un bond <f-dans les cieux : ce sont des lettres, des réponses, des discours, des appels, des toasts, des

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