Jocelvn, VI» Epoque
Ce n'est pas que Jocelyn puisse s'expliquer tout entier par cet humanitarisme de néoph3'te. Méditations d'amour solitaire, effusions pieuses d'une àme pleine de Dieu, — tout le Lamartine de trente ans s'y retrouve encore, et cette complexité même semble donner raison à ceux qui vénèrent en lui le chef-d'œuvre le plus lamartinien de Lamartine. La Chute (Tiin ange, qui pourrait paraître d'abord si étrangère à la vie contemporaine, est pourtant, elle aussi, toute pénétrée de ce souffle social : ce n'est pas seulement un épisode de Thistoire de l'Humanité; c'est encore pour l'Humanité d'aujourd'hui une leçon : la Barbarie ignorante et la Science corruptrice sont également éloignées de Dieu, du Dieu ineffable et tout esprit, vers qui le genre humain doit marcher d'un élan à la fois audacieux et confiant, comme vers un horizon qui recule toujours. Mais c'est dans les I Recueilleinents — dont le titre dit si mal le \ contenu \ — que la transformation du poète ^apparaît manifeste. Ce ne sont plus, comme jadis, des méditations oîi il se repliait sur soimême, des cantiques où il montait d'un bond <f-dans les cieux : ce sont des lettres, des réponses, des discours, des appels, des toasts, des