‹ LamartineChapitre 24 sur 46 · Jules Lema.itre. Les Cotitemporains, IV · texte numérisé non relu

Jules Lema.itre. Les Cotitemporains, IV

du Pêcheur. Il y a différentes « manières » dans la poésie de Lamartine ; et à chaque phase de son développement, correspondent, sinon de nouvelles formes d'art, du moins, pour des sentiments nouveaux, des notations nouvelles. J'ai essayé de montrer comment les enrichissements de la vie avaient fait peu à peu de « l'isolé » du Lac le prédicateur social d^ Utopie. Ses vers ont connu, eux aussi, une métamorphose parallèle VAux « méditations », d'une couleur et d'un dessin si discrets, '''succédèrent d'abord des h3^mnes intarissables, d'une profusion triomphante,-^uis de véritables discours encore plus opulents, qui sentent les ^enivrements de la tribune et l'excitation ver- •bale qui sort des foules. On y voit les mots s'accumuler, la période grandir, et la strophe se gonfler démesurément, comme dans cette Marseillaise de la Paix^ où la phrase oratoire se soulève, superbe et sans fatigue, en des élans de treize vers. Devant ces prodiges, de force rythmique, qui trahissent surtout la force irrésistible du sentiment, les couplets « plaintifs et doux » des Méditations semblent à peine le « vague et doux murmure » d'une chanson fredonnée dans l'ombre ^ Mais

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