‹ LamartineChapitre 40 sur 46 · Voyage en Orient, I · texte numérisé non relu

Voyage en Orient, I

2. C'est ainsi qu'il jugeait les Ckatimenis : cf. Charles Alexandre, Souvenirs sur Lamartine, op. cit., 325.

3. Lettre inédite, déjà citée, à M. Dubois, publiée par Jules Claretie, Le Temps, 16 octobre 1908.

puissant, trop conscient de sa force pour sentir la rancune lui effleurer le cœur, il ne sut jamais répondre que par des paroles magnanimes sans fracas, et nobles sans déclamation, aux Némésis qui l'avaient insulté. Si peut-être il ne put s'empêcher de les mépriser un peu, il ne parvint pas à les haïr. Faisant, en un soir de vieillesse, l'inventaire de son passé, il pouvait se rendre cette justice, que, de tous les hommes qu'il avait connus, « il n"}' en avait aucun pour qui il éprouvât de la haine : je ne me souviens que des bons, disait-il, j'oublie sans effort les autres »'. Jamais, parmi le genus irritabile vatuni, on ne vit poète plus insensible aux morsures de la critique ; « Les oiseaux chantent, disait-il encore, les serpents sifflent: Il ne faut pas leur en vouloir^ », Ce n'était point là le dédain d'un fat. Ses défauts, qu'il « ne cherchait pas à pallier », il déclarait lui-même « les connaître mieux que personne'^ » ; mais, parce qu'il se sentait supérieur à ses juges, bien loin de les redouter, il les devan-

1. Souvenirs et Portraits. III, 4; Confidences, Préface, 13; cf. encore Nouvelles Confidences, Préambule, 3 : « Je ne voudrais même pas qu'un mot irréfléchi, hostile à quelqu'un, restât après moi contre un des hommes qui me survivront un jour )).

2. Lettre à Victor Hugo. 13 novembre 1823, Revue de Paris, 15 avril 1904, p. 675.

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