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La Chute d'un Ange, Avertissement, p. m

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LA VIE INTEGRALE

çait; et, quand, vieillard, il repassa sa vie et relut ses livres, il avoua les faiblesses de son cœur et les défaillances de son génie, avec une franchise, où il entre autant de force sûre d'elle-même que de « fière humiliation^ ». Il eut les audaces des forts : il aima le péril, les chevauchées lointaines, les entreprises hasardées, le désert et la mer ; il n'eut pas peur des idées ; etplus elles étaient aventureuses, moins il les redoutait. Jamais immobilisé dans les siennes, il était prêt à tous les renouvellements, et toujours montait plus haut, pour voir plus loin. Aucune solitude ne l'effraya ; et, comme les forts qui se suffisent à eux-mêmes, « il n"a jamais placé le bonheur que dans la solitude - » : solitude du désert, solitude de Tocéan, solitude des partis, solitude de la foule, — car « la foule est une solitude'^ », — solitude de la pensée, il les a toutes acceptées avec joie,

1. Critique de l'Histoire des Girondins par l'auteur des Girondins lui-même, a vingt atis de distance [inédite), Paris, chez l'auteur, 1861 (t. XV des Œuvres complètes, t. VII de V Histoire des Girottdins) ; cf. p. 18 : « La vie m'a appris à être modeste, et les événements publics comme les événements privés, qui m'ont écrasé sans m'aplatir, ne me laissent de mes œuvres et de mes actes qu'une fière humiliation devant les hommes et une humble humilité devant Dieu » ; cf. encore p. 256-260.

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