Confidences, livre V
3. Jocelyn, VI» Epoque, 179; cf. Confidences, livre VI, 110 : « J"ai peint dans Jocelyn... ce que j'ai éprouvé moi-même de chaleur d'âme contenue, d'enthousiasme pieux répandu en élancements de pensée, en épanchements et en larmes d'adoration devant Dieu, pendant ces brillantes années d'adolescence ».
LA POESIE ET LA VIE
un peu le barreau, et la mère craignait « la licence des armées, si mortelle à l'innocence' » : « on voulait à toute force qu'il ne fît rien »'-. Ainsi contraint à se replier sur soi-même dans 1 une existence qui se partageait uniformément entre la campagne et la petite ville, ce cœur' surabondant s'épuisait par son trop de sève, et s'attristait; il devenait « fou, désespéré, enragé... Pour me donner le change, écrivait-il à un de ses amis, je me distrais : je marche, je vais, je cours de la ville à la campagne, de la campagne à la ville, à midi, à minuit, par la pluie, par le soleil; je tâche de tromper mon imagination, de la détruire, de la glacer, mais en vain ! Jamais je n'ai été hardi, ardent, entreprenant pour tout comme à présent. Dis un mot et je te suis sur l'heure au bout du monde » ". Quarante ans après, en lisant Luther, il y relèvera cette maxime, dont il avait expérimenté la vérité douloureuse : « Le cœur j humain est une meule qui se broie elle-même, quand on ne lui donne rien à moudre » '\