Prem. Méd., Le Désespoir. Commentaire
d'une lumière d'apothéose éclairant la masse embrumée des paysages intimes :
Enveloppé de calme, et d'ombre et de silence, Mon âme de plus près adore ta présence; D'un jour intérieur je me sens éclairer, Et j'entends une voix qui me dit d'espérer 1 .
Ce monde lui paraissait si beau dans le déploiement de ses chimères, qu'il suffisait souvent à satisfaire son besoin d'agir. Les spectacles qui se déroulent alors devant lui n'ont pas besoin d'être projetés sur la nature pour revêtir un caractère de beauté et d'art : en restant dans la pénombre, ils gardent le ton et les couleurs qui leur conviennent.
Aux heures de solitude et de mélancolie, le poète, rentrant en lui-même, laissait s'animer tous ces tableaux, et c'était une féerie délicieuse, un déroulement de poèmes et de chansons. « Je composais ' pour moi seul, sans les écrire, des poèmes aussi vastes que la nature, aussi resplendissants que le ciel, aussi pathétiques que les gémissements des brises de mer dans les têtes des pins-lièges et dans les feuilles des lentisques... La nuit me surprenait souvent ainsi, sans pouvoir m'arracher au charme des fictions dont mon imagination s'enchantait elle-même*. »