‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 125 sur 218 · Ibiê · texte numérisé non relu

Ibiê

lOi LAMARTIPŒ, POÈTE LYRIQUE.

la nées. Notre éducation intellectuelle, chargée de règles et d'artifices, nous rend moins aptes & comprendre ce qu'il y a de singulier et d'impétueux dans ces apparitions de sentiments. Mais, pour Lamartine comme pour Pascal, le cœur a son ordre, et l'âme a sa vie intérieure, essentielle. Ce désordre apparent de la vie sentimentale qui déconcerte notre goût de la logique et notre besoin de subordination dans les idées, reproduit cependant les élans de la vie. 11 faut essayer de s'assouplir à ces manifestations de l'énergie de l'âme pour comprendre les mouvements de l'existence morale, tour îi tour calmés et bondissants, comme les flots d'une source qui, après avoir bouillonné dans les profondeurs de la terre, s'élève en jets hardis et tumultueux.

L'âme a des « instincts éternels 1 » qui dirigent sa marche ; lorsqu'ils font sentir leur aiguillon, elle s'élance « de désir en désir 2 , » car ces désirs sont « de flamme 3 » et ils ont de la flamme la pureté et l'impétuosité. Le regard qu'elle jette sur le monde a un don surnaturel de création, car le regard est un rayon chargé d'Ame, et le rayon est une effusion delà puissance divine. Ainsi, dans l'enfance des choses, dans

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