‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 126 sur 218 · ffarm., livre H. Souvenirs d'Enfance · texte numérisé non relu

ffarm., livre H. Souvenirs d'Enfance

la beauté de l'existence édénique, « le regard de Dieu vêtissait la terre de vie et d'immortalité *. »

L'âme aussi pare de beauté et de vie les êtres sur qui elle se pose ; dans son essor, elle peut même dépasser les apparences de notre monde, briller d'un éclat plus radieux que les soleils :

Et vous, soleils aux yeux de flamme, Le regard brûlant de mon âme S'est élevé plus haut que vous 1 .

Gardons-nous de voir dans ces rapprochements un simple jeu d'images* et de comparaisons. Nous ne comprendrons pas ce que la sensibilité de Lamartine a eu de rare et d'original, si nous ne sommes pas capables de sentir la beauté de cette vie intérieure et ' sa force d'expansion sur l'univers. Le poète animait de là ferveur de son âme cette mythologie surannée. Toutes ces métaphores que nous inventons daiis la pauvreté et la sécheresse de notre vocabulaire, et qui recouvrent les créations légères de nos songes, étaient pour le poêle l'exacte expression de sa vie spirituelle. Le zéphyr qui vole, c'est une âme qui passe, portée sur ses désirs comme sur des ailes, car

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