ffarm., livre IV. Éternité delà nature
« les désirs sont les ailes de l'âme 1 . » Un rayon de l'iris « colore ses ailes 1 » d'un éclat d'autant plus vif que ses aspirations sont plus ardentes. L'aurore qui semble s'élancer dans les espaces, c'est une âme qui s'envole à travers l'infini, et qui « dans ces beaux déserts de feux errants semés 3 » cherche les âmes qui ont les mômes goûts et va se perdre avec elles dans le sein de Dieu. Même il est souvent difficile de séparer la vie intérieure des emblèmes qu'elle revêt. L'intensité des émotions morales trouve non seulement un symbole, mais un retentissement dans la nature. Si l'on supprime ces symboles et ces représentations, la vie de l'âme qui s'y exprimait s'efface tout à coup et se dérobe dans les ténèbres. Les parfums de l'île d'Ischia ont emporté en s'exhalant les senteurs embaumées dont s'enchantait le poète ; les reflets de la lune sur les murs blancs de Procida ont atténué, en s'éteignant, l'éclat dont brillait son âme, et, à travers les murmures des vagues qui s'éloignaient, s'évanouissait l'harmonie qui chantait dans le paysage intérieur 4 .
Ainsi, douée d'organes particuliers, subtils comme