‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 131 sur 218 · tlarm., livre III. Millv ou la Terre natale · texte numérisé non relu

tlarm., livre III. Millv ou la Terre natale

&ance, ses chants ont l'accent qui se fait entendre dans les solitudes :

Sur l'abîme immense Tous ces mondes flottants gravitent en silence, Et nous-méme, avec eux emportés dans leur cours, Vers un port inconnu nous avançons toujours *•

L'expression n'est pas métaphorique. Le poète a décrit ce flottement du fini sur l'infini, dont le sentiment berçait son âme sur de vastes images :

Souvent pendant la nuit, au souffle du zéphire, On sent la terre aussi flotter comme un navire; D'une écume brillante on voit les monts couverts Fendre d'un cours égal le flot grondant des airs ; Sur ces vagues d'azur où le globe se joue, On entend l'aquilon se briser sous la proue, Et du vent dans les mâts les tristes sifflements, Et de ses flancs battus les sourds gémissements; Et l'homme, sur l'abîme où sa demeure flotte, Vogue avec volupté sur la foi du pilote*!

La terre est un vaisseau flottant sur l'abîme de Fin* fini! Cette vision lui a donné le culte des astres, le désir de s'y perdre et d'y goûter l'ivresse du vol dans les espaces sans limites :

Page 1