‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 133 sur 218 · U TIEDE L'AXE · texte numérisé non relu

U TIEDE L'AXE

Peut-être qu'en effet, dans l'immense étendue, Dans tout ce qui se meut, une âme est répandue; Que ces astres brillants sur nos têtes semés Sont des soleils vivants et des feux animés; Que l'Océan, frappant sa rive épouvantée, Avec ses flots grondants roule une âme irritée; Que notre air embaumé volant dans un ciel pur Est un esprit flottant sur des ailes d'azur 1 .

De même, une Ame agit dans les êtres infimes, Qvec la force d'harmonie qui ordonne les corps démesurés.

Chaque atome est un être!

Chaque globule d'air est un monde habité!

Chaque monde y régit d'autres mondes peut-être, Pour qui l'éclair qui passe est une éternité! Dans leur lueur de temps, dans leur goutte d'espace, Ils ont leurs jours, leurs nuits, leurs deslins et leur place, La pensée et la vie y circulent à flot ; Et, pendant que notre œil se perd dans ces extases, Des milliers d'univers ont accompli leurs phases

Entre la pensée et le mot 1 !

A-t-on jamais rendu avec un vocabulaire plus expressif le bouillonnement de l'être dans l'infiniment petit? La sève de vie pénètre sourdement ces organismes invisibles ; une « pensée » se développe et des destinées s'accomplissent dans ces êtres innombrables.

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