‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 138 sur 218 · Prem. Méd. t Le Lac · texte numérisé non relu

Prem. Méd. t Le Lac

Cent ans passent; le temps, comme un nuage vide, Les roule avec l'oubli sous son aile rapide 1 ...

La vie des êtres contingents parait si misérable à qui a la vision de l'infini ! Les génies qu'illumine la flamme intérieure dépouillent la nature de sa fragilité, et la décorent d'un reflet de leur âme. C'est ainsi que, par un mirage de sa sensibilité, le poète imposera aux apparences du monde les sentiments .de son propre cœur.

De même il s'est rendu maître de l'espace en trouvant un point de vue assez élevé pour dominer notre monde. « Heureux celui qui a des ailes pour planer sur les siècles écoulés... pour mesurer de l'œil la route de l'esprit humain... pour prendre hauteur comme le navigateur sur des mers sans rivages visibles'! » D'un essor à la fois doux et impétueux, il se détache de la terre pour atteindre les régions d'où l'œil contemple les mouvements sans portée de nos petites révolutions.

Tu vois les nations s'éclipser tour à tour Gomme les astres dans l'espace 5 .

Par cette prise de possession de l'immensité, le

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