ffarm., livre IV. Le premier Regret
2lfc LAMARTINE, POÈTE LYRIQUE.
Pourquoi comme ce soir n*ai-je jamais rêvé?
Un astre dans mon cœur s'est-il aussi levé 1 ?
C'est la joie de l'âme qui répand sur la nature son éclat ; quand elle s'évanouit, on craint que tout ne disparaisse dans l'ombre,
Et toi, fils du matin! Dis, à ces nuits si belles, Les nuits de ton pays, sans moi, ressemblaient-elles 1 ?
Ainsi, dans le bonheur, l'âme sème autour d'elle le reflet de son rayonnement. Dans le malheur, elle s'assombrit, et l'univers parait en deuil et comme en ruines:
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé'.
Le poète fournit lui-même une explication qui est d'un philosophe. « C'est que chacun porte en soi son point de vue. Un nuage sur l'urne couvre et décolore plus la terre qu'un nuage sur l'horizon : le spectacle est dans le spectateur 4 . »
L'urne rejaillit donc sur l'univers ; sa pureté projette sur les choses une couleur qui les ennoblit :