‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 160 sur 218 · Rec. Poét. t A une jeune Moldave · texte numérisé non relu

Rec. Poét. t A une jeune Moldave

Il me laisse en partant, charitable dictame, Deux gouttes du parfum qui coule de son âme Pour embaumer longtemps mon seuil 1 .

Dans l'épltre à Adolphe Dumas, on trouve des vers tout imprégnés de ces souffles. Le poète a reçu de son ami de Provence une lettre remplie des parfums du midi, et il les confond dans son ivresse sentimentale avec les parfums de l'amitié.

J'étais ainsi plongé dans cet oubli des choses, Quand le vent du midi, parmi l'odeur des roses, M'apporta cette épitre où ton cœur parle au mien.

Il est doux au roulis de la mer où Ton nage, De sentir au milieu des pierres de l'affront La feuille d'oranger vous tomber sur le front.

Je me dis: Ce vent doux parmi tant de frimas, N'est pas né, je le sens, dans les mômes climats: Mais, venu d'Orient, son souffle que j'aspire A l'odeur d'un laurier et le son d'une lyre*.

Les parfums d'Orient se mêlent ici aux parfums qu'éveille le nom de l'ami, pour composer en l'honneur de l'amitié ce chant de triomphe.

Ainsi la beauté, l'héroïsme, la piété et l'amour font V sortir du paysage intérieur tout un courant de brises

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