Ibid., page
Bardé de la lyre infinie, ■ ■ „
Qui, pour chanter dans le grand chœur, -
N'as pas besoin d'autre génie
Que des battements de ton cœur 1 .
Aussi, voyez comme le cœur répond spontanément au chant de la nature. Tous les bruits du monde retentissent en lui, viennent enfler les ondes sonores qui s'échappent de la harpe intérieure. De là l'effet de surprise que produit le chant de cette musique imprévue. C'est un charme qui ravit le cœur et fait se dérouler les chants du lyrisme. C'est une ivresse qui provoque dans les sens une sorte de vertige. Lamartine a rendu délicatement cette fugitive impression. (( Le rythme m'enivrait déjà ; mais le rythme seul ressemble à ce chef d'orchestre qui bat la mesure avec son archet pendant les silences de la mélodie'. » Aveu précieux, qui signale bien la douceur de cette harmonie qui chante sourdement dans le paysage intérieur, La mélodie est silencieuse ; aucun mot n'est prononcé parce que l'émotion reste au fond de l'être : ce sont des sonorités intermittentes, des airs vaguement modulés, toute une musique éparse dans l'Ame pleine d'échos.
La puissance de retentissement de cette harpe in-