‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 169 sur 218 · Hat m., livre I. Invocation · texte numérisé non relu

Hat m., livre I. Invocation

Plus pure que la voix qui parle à nos oreilles, Plus forte que les vents, les ondes et les bois 1 .

Tantôt un bruit partant de l'univers vient faire lever les souvenirs endormis :

Je sommeillais sans rêve Comme Echo dans mes bois; Mais qu'une voix s'élève, Soudain la mienne achève:

Un son me rend la voix '•

Ces sons deviennent la voix des émotions éprouvées. Lamartine a décrit dans le Manuscrit de ma mère ce phénomène qui apporte u l'analyse psychologique un curieux élément d'information. « Je me souviens que ces pensées maladives et fiévreuses, par suite de tant de jours d'émotion et d'insomnie, retentissaient dans ma tête vide du bruit du battant de fer sur le bronze, et vibraient, tout en pleurant en moi, en cadence et à l'unisson de la cloche, en sorte que mes hymnes intérieurs pleuraient comme des sanglots et que mes sanglots chantaient comme des hymnes ; étrange contradiction de notre nature à la fois matérielle et intellectuelle, où les sens prennent le vertige, et où l'oreille linte pendant que l'Ame sanglote 9 ! » Ces

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