JRee. Poét., Fragment biblique
placera- t-il son nid sur le sommet des rochers? — Il habite le creux de la pierre. Il demeure sur les rocs escarpés et les rochers inaccessibles. — Et de là il contemple sa proie, ses yeux la découvrent de loin. — Ses petits boivent le sang, et ils paraissent soudain là où gît un cadavre *. »
Celte description est vigoureuse et heurtée. Chaque, trait est mis en relief, détaché du reste dans une lumière crue, toujours égale dans sa violence. Ce n'est pas un seul tableau qui est peint devant nous, en touches chaudes : c'est' une série de quatre tableaux juxtaposés sans art, par une imagination hardie, qui dévore les espaces. Il y a dans cet élan quatre fois répété une puissance ' de rebondissement incomparable.
Les vers des Méditations révèlent une vision bien différente :
L'aigle, roi des déserts, dédaigne ainsi la plaine: Il ne veut, comme toi, que des rocs escarpés Que l'hiver a blanchis, que la foudre a frappés, Des rivages couverts des débris du naufrage, Ou des champs tout noircis des restes de carnage: Et, tandis que l'oiseau qui chante ses douleurs Bâtit au bord des eaux son nid parmi les fleurs, Lui des sommets d'Athos franchit l'horrible cime, ' Suspend au flanc des monts son aire sur l'abîme,