‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 194 sur 218 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

avec les formes les plus changeantes. Voici les portraits d'Eugénie et de Suzanne, deux sœurs du poète. « C'était une apparition d'Ossian dans la splendeur du Midi, une ombre animée, une forme impalpable; des yeux bleus, larges et profonds comme une eau de mer, d'où le regard semblait remonter de loin comme d'un mystère ou d'un songe ; un ovale de visage écossais, des traits d'une délicatesse fugitive et d'une perfection de lignes idéale,., moins goûtée de la foule, plus épiée et plus découverte, comme les fleurs de l'ombre, par les regards curieux et passionnés 1 . » La qualité des mots est exquise pour rendre la beauté frêle d'une enfant, et le paysage à demi indiqué, ces fleurs de l'ombre qui grandissent près de cette eau de mer, dans un décor d'Ossian, offrent le cadre qui convient h cette image qui s'anime. De même, pour caractériser la grâce de Suzanne, le poète pense à « la virginité des expressions de visage des madones de Raphaël » et il la compare h « une enfant du chœur » du temple de Dieu, à une « constellation du ciel », car elle était « la prière vivante et la contemplation agenouillée*. » •

Quand l'émotion est trop forte par la soudaineté

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