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de l'évocation ou l'éclat de l'attitude, le souvenir s'exalte et les accents d'un chant lyrique se font entendre. La vision intérieure est dépeinte dans une forme resplendissante, et la description s'élargit de tout ce que l'imagination ajoute h l'ampleur du geste et à l'influence de la beauté sur la nature extérieure. Ainsi, le poète revoit dans ses souvenirs Delphine Gay « s'appuyant sur un parapet de rochers 1 » pour contempler la chute des eaux. « Un peintre n'aurait pas choisi pour la peindre une altitude, une expression et un jour plus conformes à sa grandiose beauté. » C'est une vision de peintre qu'il va décrire lyriquement. Delphine lui paraît « s'enivrer du tonnerre, du vertige et du suicide des eaux... Le profil se dessinait en lumière sur le bleu du ciel et sur le vert des eaux... Son bras soulevait sa tête pensive... Les cheveux ondoyaient au souffle tempétueux des eaux, comme ceux des Sibylles que l'extase dénoue ; son sein gonflé d'impression soulevait fortement sa robe ; ses yeux se noyaient dans l'espacé*... » — En vérité ce n'est pas « une jeune fille de Paris, » c'est la statue de la Beauté, de la Mélancolie et de l'Inspiration que le poète contemple, et qui éclaire en son âme les lointaines avenues intérieures.