Nouv. Confia., livre II, paragraphe xxnr
.de feux. » « Un rejaillissement d'Ame » idéalise les expressions de la physionomie, et le poète ne peut dire « où commençait, où finissait le rayon du soleil et la créature céleste, » car les rayons de soleil semblent <c se transfigurer en visage de femme » et donnent aux yeux un éclat et un charme de mystère si prenants que leurs regards « attireraient votre Ame tout entière sur vos yeux et sur vos lèvres et la consumeraient dans un éclair. » À cette vue, le cœur du poète semble bondir d'allégresse, et il essaye d'exprimer cette exaltation intérieure, quand il parle de <( 1 évaporation soudaine de l'Ame vers la divinité de l'attrait. » Voyez comme les mots rendent l'élan de la pensée éprise! Ce sont les plus brillants, les moins chargés de matière, les plus expressifs des mouvements du cœur.
Ainsi c'est le monde intérieur qui commande les descriptions : tantôt il se projette doucement en des lueurs de songe, tantôt il se répand sur la page de l'écrivain en visions variées et éclatantes qui donnent à la pensée le mouvement et l'éclat d'un chant lyrique. Rêveries douces et exaltantes, hymnes d'amour ou de regret, étineelantes visions, toutes ces pein-
tures révèlent la vie rafraîchie du paysage intérieur, parce que la matière des descriptions du poète s'assouplit et se transforme au gré de ses souvenirs par le prestige des reflets.
Lamartine. . - • ' * ...; ' -.- ■ ■ ai:.