Ch. d'un Ange, 12 e vision
cadre et du décor dans lequel il déploie ses senti- * ments. Ses souvenirs ressemblent à des songes parce que ses images symbolisent des émotions passées et renaissantes. Le songe garde donc une existence primordiale : il ne reste pas dans un arrière-plan plus ou moins décoré des qualités que réclament nos dé* sirs ; il est la seule réalité a laquelle s'attache le poète, parce qu'elle est la seule expressive des mou* vements du cœur. A vrai dire, les songes sont « des êtres réels l'image symbolique 1 , »'et c'est -à travers, leurs symboles qu'il voit les apparences du monde. L'amour s'explique par cette transformation de l'objet:
Cedar, ô le plus beau des songes de Lakmî'... . Tous mes songes viennent de toi*.
Les images projetées sur le monde sont celles qui forment la trame des rêves. Cette projection paraît singulière à qui n'a pas suivi ce long travail intérieur. En vérité, c'est un songe que le poète poursuit et dans lequel il utilise sans effort la collaboration de' la nature 4 .