Prem. Méd., Souvenir
4. Lo pocto no somble-t-il pas nous associer à sa rêverie, quand il*
- Il est maintenant aisé de comprendre la vision dû Paradis, si fréquente dans les vers du poète. Le Paradis, c'est le lieu où aboutissent les rêves, c'est le paysage intérieur idéalisé et magnifié, projeté dans les lointains du monde. De là les formes ennoblies qu'y prennent les êtres et les choses. Déjà elles ont subi une série d'élaborations par l'apport des souvenirs et des images ; puis l'imagination répand sur elles l'éclat qui met en valeur toutes leurs beautés, et le poète les voit « en floraison, dans une éternelle jeunesse 1 . » Que de fois Lamartine a mis en scène les anges ! Il les sent vivre autour de nous. Leur vol nous effleure. Ils ne symbolisent pas seulement la vie morale dans ses mouvements vers le ciel, mais aussi ces idées fugitives qui naissent dans notre esprit, l'allègent et l'élèvent dans une région surnaturelle. Le poète les voit sortir des profondeurs de l'infini, comme des reflels d'un autre monde, et il suit leurs mouvements, sous l'auréole qui les protège, dans une lumière étincelanlc. Dans le cantique sur la mort de la duchesse de Broglie*, il parle de la vie morale de
parle des vagues de la mer Adriatique, qui « gardent les derniers reflets » des femmes aimées, et « les roulent jusqu'à la nuit, d'un rivage à l'autre, avec des lueurs et des soupirs. » Cf. Sous', ci Forlr., t. I, p. 1Î9.
1. « Le paradis n'est qu'une dernière floraison de leur étemelle jeunesse. » Cf. Souv, et Porlr., I, 147.