Proverbes, VIII
D'ordinaire Lamartine se voit obligé d'en adoucir l'éclat. Leur soudaineté risquerait de briser le courant de l'émotion provoquée; c'est pourquoi il les assemble et les fond dans une comparaison plus allongée, et l'esprit passe de l'une à l'autre, évitant ainsi la brusquerie des apparitions :
Il tombe enfin comme la fleur!
Il tombe ! au moins par la rosée Des fleurs la racine arrosée Peut-elle un moment refleurir; Mais l'homme, hélas! après la vie, C'est un lac dont l'eau s'est enfuie:
On le cherche, il vient de tarir.
L'image de l'avant-dernicr vers est isolée dans la Bible; elle surgit devant nous, dans l'intense lumière d'un soleil de désert :
« L'eau s'écoule d'un lac, les fleuves tarissent : ainsi l'homme, lorsqu'il a passé, ne revient plus \ »
Cette comparaison sera préparée par une métaphore aussi orientale, mais plus familière :
*■ « Comme la fleur, il s'élève et il est foulé aux pieds : et il fuit comme l'ombre et il ne s 'arrête jamais '• »
Les deux images de la fleur fanée et du lac tari