I. Cant., IV
« Tes lèvres sont comme une bandelette de pourpre; tes yeux sont comme la grenade et brillent h travers ton voile. Ton cou est comme la tour de David couronnée de créneaux. Tes mamelles sont pareilles à deux faons, aux jumeaux de la gazelle qui paissent parmi les lis * . »
Lamartine préfère des combinaisons d'images plus adoucies et comme spiritualisées :
Ton front que ton voile ombrage
Et découvre tour à tour,
Est une nuit sans nuage,
Prête à recevoir le jour;
Ta bouche qui va sourire
Est Tonde qui se retire
Au souille errant du zéphyr.
Tes deux mains sont deux corbeilles Qui laissent passer le jour.
L'imagination sémitique est donc plus frappée par ce qu'il y a d'éclat et de lumière dans les spectacles de la vie quotidienne ; elle se plaît à dresser devant elle, dans l'attitude des choses vivantes, les bras, qui sont des cylindres d'or', les jambes qui ressemblent à des colonnes de marbre s , la poitrine dont l'éclat