Cant., V
rappelle l'ivoire orné de rubis 1 , les cheveux qui sont pareils aux rameaux du palmier 1 . Le souffle de la bouche exhale l'odeur des pommes d'or 8 ; souvent même le tableau s'agrandit, représente toute une scène de l'existence, et on admire l'ampleur épique des apparitions : « Elle est terrible comme une armée en bataille 4 . — Tes yeux sont purs comme les fontaines d'Hésébon, près de la porte de Beth-Rabbim. Ton nez est beau comme la colonne du Liban qui regarde Damas 5 . — Mon âme était agitée comme les chars d'Abinadab*. »
Toujours des spectacles concrets, des attitudes variées de la nature, des souvenirs qui représentent des paysages éclairés par la lumière d'un ciel d'Orient.
Le poète s'attache moins à décrire les attitudes que les mouvements ; de là des comparaisons moins concrètes, où interviennent spontanément les images des choses qui échappent par leur légèreté à la prise de la matière :