Ibid
il expose à Virieu le plan de son nouveau poème. Le héros est « assis parmi les ruines d'une ville sans nom ; » il raconte aux hommes étonnés qui l'entourent les malheurs de « son existence condamnée à la souffrance sans repos jusqu'à ce qu'il soit pur aux yeux de Dieu. » Après la création de la terre, après le déluge dont la description sera faite, a il revient au monde quand son premier corps est redevenu terre sous les patriarches: il fait un récit de cette époque liée à sa vie. 1 » Pour trouver un épisode qui réponde par son ampleur à la beauté du sujet, le poète fait appel à l'imagination de son ami. « Si tu agrées mon plan, cherche-moi sans paresse les plus belles aventures que lu pourras trouver pour les Patriarches*. » Trois mois après, il renouvelle la même prière : « Tu m'avais promis un joli sujet des Par triarches*. » Huit jours plus tard, il insiste plus vivement: « Invente-moi les Patriarches: une divine histoire patriarcale, simple, pure, grande et pieuse, biblique enfin.* » Il se souvient encore du Génie du Christianisme, quand il songe à placer dans son œuvre un récit des martyrs, un chant des solitaires.