‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 47 sur 218 · M. Bniaetière a fait voir que « la prête de Rounemu taad · texte numérisé non relu

M. Bniaetière a fait voir que « la prête de Rounemu taad

tère oratoire du style de Rousseau : il serait plus juste de montrer le tour lyrique de ses périodes. Une phrase oratoire peut avoir l'allure emportée et la sonorité d'une ode ; mais la pensée oratoire diffère de la pensée poétique. Leur marche n'éveille pas les mêmes comparaisons. Le développement oratoire rappelle le cours d'un grand fleuve; les idées se soutiennent comme le flot soutient le flot; leur masse accumulée renverse l'échafaudage de nos arguments et entraîne dans son cours notre raison vacillante. La pensée lyrique a le jaillissement d'une source : il monte, pressé par toutes ces ondes cachées qui bouillonnent ; le premier jet s'élance magnifiquement ; les autres suivent et se pressent, et portent la même émotion à travers la diversité des images ; enfin le flot, s'élevant une dernière fois dans les airs, semble lancer, dans une suprême métaphore qui est la plus éclatante, le sentiment d'où tout a jailli.

vers comme à sa limite », et quo « nos poètes, pour on faire des odes ou des élégies, n'auront qu'à mettre des rimes au bout de ses lignes. » (Evolution de la poésie lyrique, t. I, p. 60.) On trouve en effet dans la prose de Rousseau un grand nombre de vers blancs : Ses yeux étincelalcnt du feu de ses désirs... Mon faible cœur n'a plus que le choix de ses fautes... Daigne le confier aux feux que tu m'inspires... 11 vole, et le temps fuit, et l'occasion s'échappe... On rencontre même deux vers de dix pieds qui se suivent : Tous les transports qu'une ardeur sans mesure Offre aux désirs effrénés des amants.

Au sortir du collège, et dans les premières ardeurs de la liberté reconquise, Lamartine passa par une de ces crises habituelles & la jeunesse où l'imagination s'égare dans les chimères. Les lettres infiniment tristes, écrites à son ami Virieu, nous montrent qu'il chercha des consolations dans la solitude et dans les livres. Chateaubriand et J.-J, Rousseau lui apprirent que l'imagination est la source intarissable d'apaisement en créant les objets qui endorment les désirs. Vers le .même temps, les poèmes d'Ossian lui ouvraient un monde mystérieux où sa pensée, façonnée par l'harmonie et le rythme des beautés classiques, devait s'enrichir des formes et des symboles de la poésie septentrionale.

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