Ibid. « Ils puisèrent leurs fictions dans leur esprit
nouvelle et capable de réveiller les imaginations assoupies.
Ossian lui plaît parce qu'« il trouve ses fictions dans son cœur 1 . » Ainsi les droits du cœur sont proclamés. La vanité de la littérature fondée sur l'esprit est découverte. Il faut que le cœur joue son rôle dans les œuvres d'art. Les scrupules des poètes du xvn e siècle témoignent d'une réserve excessive, puisqu'ils se défiaient de ces effusions où l'âme trahit sa vie intérieure. C'est malgré eux, sans qu'ils y songent, que se révèle la délicatesse ou la force de leur nature morale. Que dire de leurs imitateurs qui n'ont mis en œuvre que des souvenirs littéraires? Ce qui frappe au contraire Baour-Lormian dans les poésies d'Ossian, c'est non seulement l'éclat des mythes, mais l'abandon du poète qui chante ses deuils et ses joies ; ainsi celte mythologie offre une transposition naturelle des épisodes de notre vie morale, et fournit un aliment à nos propres confidences. Le plaisir que goûte l'âme ajoute du prix k la beauté de l'œuvre d'art.
Dans ces poèmes, « ce sont les vivants qui règlent Yavenir des morts 1 . » Nous avons prise sur ce monde mystérieux, fermé jusqu'alors à nos imaginations ;