Disc, prélim
ossuir.
nous le composons nous-mêmes d'après les aspirations et les besoins de notre conscience. Le brave peut mourir sans effroi, car « son hymne funèbre sera chanté 1 , » et les amis qu'il laisse sur la terre pourront le voir « aux rayons d'un jour pur, sur le bord des ruisseaux, ou dans les riantes vallées 1 . » Dans leurs « palais de nuages, » ils poursuivent « des chevreuils de météores et des sangliers de brouillards 8 . » On sent que cette mythologie n'amuse pas seulement l'imagination de Lormian ; elle l'exalte en lui offrant une nourriture dont elle a été trop longtemps sevrée. Elle lui paraît simple, facilement acceptable, bien supérieure à la cosmogonie des Grecs, parce qu'elle est plus morale et plus féconde en consolations. Même il n'y trouve « rien de vague 4 , » ce qui a lieu de nous étonner, puisque l'attrait de ces légendes vient surtout du caractère mystérieux du décor et des sentiments. Mais ce qui ajoutait à la séduction de ces poèmes, c'est qu'on entendait, à travers les chants d'Ossian, les aveux de son désespoir. Cette littérature personnelle avait des accents tristes, et déroulait des tableaux d'un
i. Ibid.