Son., V. In morte di Laura
Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore, Vague objet de mes vœux, m'élancer jusqu'à toi! Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore? Il n'est rien de commun entre la terre et jnoi.
Je ne demande rien à l'immense univers 1 .
Plus tard, lorsque le poète a fait suivre chacune de ses Méditations d'un commentaire, il affirma que cette prière lui avait été inspirée par un sonnet italien 1 . Ainsi Lamartine avait la conscience de ce qu'il devait à Pétrarque. Pour lui aussi l'amour est une « extase. » Autour de la femme aimée, le poète fait monter l'encens et les prières. Dans la claire et pure atmosphère où se projettent les images de ses songes, il bâtit un temple à celle qui prend de plus en plus la forme d'une apparition irréelle, et il évoque volontiers, autour d'Elvire et de Laure, la Béatrice du Dante, l'Eléonore du Tasse, la Vittoria Colonna de Michel-Ange, tout le chœur des amantes et des héroïnes créées par les grandes imaginations amoureuses, figures à la fois enchanteresses et décevantes, qui expriment les joies et les énigmes de la passion.