‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 83 sur 218 · Ptem. méd. t Souvenir · texte numérisé non relu

Ptem. méd. t Souvenir

2. Nouv. Méd. t Adieux à la mer. On peut dire que dans le Lac de Lamartine se retrouvent l'inspiration et la manière de quelques chansons et sonnets, M. Marc Monnierdit très justement : « Voici le début dune canzone qui est le Lac do Pétrarque :

Chiare, frosche o dolcl aequo,

Ove lo belle membra

Posa coloi che tota a ma par donna :

Gentil ramo, ovo piacque

(Con sospir mi rimembra)

A loi di fara al bel fianco colonna ;

Erba o fior, che la gonna

Leggiadra ricoverse

Con Tangelico seno ;

Aer sacro e sereno

Ov* amor co* begli occhi il cor m*aperse ;

Date udienza insieme

Aile dolent! mie parole estreme. (Ca*«.,XlV. Invita di Laura.)

Voici la traduction en vers de M. Marc Monnter :

Claires, fraîches et douces ondes

Où flotta le corps gracieux De celle qui me charme avec ses tresses blondes

Et qui seule est femme & mos yeux ; Rameau qui lui servis d'appui, fleurs embaumées

Qu'elle a dans sa robe enfermées.

Air serein et sacré, solitude où je sens Encore ses beaux yeux ouvrir mon cœur qui tremble,

Écoutez, écoutez ensemble

Mes plaintifs et derniers accents.

Cf. Marc Monnier, La Renaissance de Dante à Luther, page 106. Paris, Firmin Didot, 1884.

Dans Pétrarque ce symbolisme de la nature est d'un art à la fois naïf et compliqué. Lamartine se^ plaît de préférence à idéaliser ce que la nature offre de plus souple et de plus fuyant ; il voit son amante/ dans la lumière du soleil, dans les rayons de la lune ,1 dans les formes errantes des nuages ; il l'entend dans j les soupirs du vent, dans le bruissement des feuilles, | dans les palpitations de la mer, dans la musique des astres, dans tous les murmures qui s'exhalent de l'univers.

Grâce à tous ces prestiges, la vision apparaît avec la majesté et l'éclat d'une déesse. Un jour d'outretombe vient alors colorer notre monde de sa lueur fantastique, et le poète transporte spontanément le lieu de ses souvenirs ou de ses visions dans une région divine : « Ma pensée s'éleva en un lieu où était celle que je cherche et que je ne retrouve pas sur la terre. »

Levommi il mio pensier in parte ov' era Quella ch'io cerco e non ritrovo in terra 1 .

Dans les Méditations, on assiste souvent à l'essor de la pensée vers les régions éternelles. Le poète qui a dit : Je vis dans l'horizon plus que dans moi-même, devait goûter cette sorte d'imagination.

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