Lettre à Virieu, 30 mai
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m LAMARTINE, rOÈTE LYMQUR.
perbe Italie distraire un peu mon esprit de toutes les peines de mon cœur! C'est tout ce que je puis espérer, car le mal est sans remède, et le temps même ne peut que me le rendre moins insupportable, sans jamais le guérir 1 , » Ainsi, durant ce premier voyage, nous le voyons d'abord ému par les spectacles de la terre italienne, puis agité et endolori. C'est pourquoi il préfère tour a tour Rome et Naples, — Rome pour la tristesse de ses ruines, Naples pour l'éclat de sa lumière, l'harmonie des chansons qui flottent sur ses places et sur ses flots. « Rome me plaît au delà de toute expression : son aspect, ses mœurs, son silence, sa tranquillité me font du bien. Si jamais des malheurs irréparables m'arrivaient, je viendrais me fixer ici. Je crois que c'est le lieu qui convient le mieux à la douleur, à la rôverie, aux chagrins sans espoir*. » Il se plaît à errer dans « ses vastes solitudes/» qui lui semblent apaiser sa mélancolie. Ainsi il n'oublie pas, il ne veut pas oublier.
' Mais, à la vue de Naples, ses tristesses s'évanoui- Ircnt. Il se laissa ravir par la douceur do l'air, la rif chesse des monuments, l'atmosphère de poésie et de beauté partout répandue sur ces lieux. Ce fut un