‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 94 sur 218 · Lettre à Virieu, 26 juillet · texte numérisé non relu

Lettre à Virieu, 26 juillet

2. Lettre du 3 août 1814. En titre; Copie du journal de met promenades. Cf. les strophes du Lac :

O temps ! suspends ton vol ! et vous, heures propices.

Suspendez votre cours !

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours I

L'ITALIE. f 143

Dans le secon d voyage ', l'infl uence de l 'Italie est plus profonde . Lamartine a trente ans . Trois événements lui ont donné une conception plus forte de la ^yie. Après la mort de Julie, il a vécu pendant quelques mois avec la pensée de la mort. Ses tristesses delà vingtième année, un peu vagues et incohérentes, où Ton démêlait surtout les souffrances de sa santé toujours chancelante et les inquiétudes de sa jeunesse devant l'énigme de l'avenir, prennent un autre caractère : elles sont plus pénétrantes, plus variées, ayant le droit de se répandre sur la nature qui s'est montrée impitoyable. Puis le succès soudain des Méditations a fait jaillir ,1a source des joies; la vie se décore de beauté; les amertumes revivent encore dans les élans des effusions mélancoliques, mais apaisées, comme voilées d'un voile que le temps a pâli et que l'art pourra revêtir de chaudes couleurs. Enfin le mariage a calmé ses incertitudes; l'âme du poète s'ouvre à l'espérance : c'est le moment de l'éclosion. Le' lyrisme n'aura plus seulement la tristesse de l'élégie il aura souvent l'allure d'un chant d'allégresse.

Page 1