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gent, ils Consument tout. Qu'y a-t-il en eux
qu’une source intarissable d’avarice et de rapine? « Apportez, nn. apportez! » disentils sans cesse, et jamais ils n’ajoutent : « C’est assez ! » Ne nous ont ils pas d’ailleurs détournés de Christ et de sa très-sainte Parole de la manière la plus funeste, pour nous contraindre de croire à leurs mensonges ? Nous avons assez, nous n'avons que trop de folies et d'erreurs à nous reprocher. Trop longtemps, grâce à l’Antichrist, nous avons été détachés de Christ et entraînés loin de lui !
« Croyez-en donc, Ô roi très-chrétien, votre pauvre serviteur, exilé pour le témoignage qu’il à rendu à Christ, mais qui désire de
--wtouté son âme que le Fils de Dieu règne dans votre royaume, ce qui fera votre propre félicité; car c’est alors seulement que vous régnerez véritablement, et que vous affermirez votre puissance, en faisant régner Christ dans le cœur de vos propres sujets. Permettez que la très-pure Parole de Dieu ait parmi eux un libre cours, que les prédicateurs soient vraiment évangéliques , et que les livres qui annoncent Jésus-Christ puissent être imprimés même en langue vulgaire et librement vendus dans tout votre royaume. De la sorte il adviendra que, sans les armes de la chair et sans la main des hommes, la hauteur de Satan, qui réside dans
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” * DES * »* — 63 — le pape et dans les siens, sera renversée, comme Daniel l'aprophétisé, renversée par 1e seul glaive de lesprit, qui est la parole de Dieu. (Hébr. IV.) +
« Pour la gloire de Christ et la délivrance de tous les élus, continue Lambert, dont je ne doute pas que le nombre ne soit considérable dans vos états, et dont les désirs sont très certainement semblables aux miens... je vous supplie de ne point leur fermer les greniers de . la pure Parole de Dieu. Car ils sont affamés, (j'en parle par expérience,) et il n’y a personne pour leur rompre et leur distribuer le pain de, la Parole. Les greniers sont remplis de froment ; je veux dire qu’il se trouve, même en France, bien des fidèles qui connaissent et possèdent la vérité, mais dont la bouche est fermée par les évêques et les moines de l’Antichrist.
« Ce n’est pas en vain que vous portez le titre de roi très-chrétien, et ceci, poursuit Lam-
bert, me donne l’occasion de plaider devant votre majesté la cause de Christ. Ayez donc pitié de votre peuple, et donnez-lui de vrais pasteurs qui l’instruisent dans la seule et pure Parole de Dieu, sans y rien mêler des inventions des hommes. On dit qu’il y a dans votre royaume des parlements qui se mêlent de porter des jugements sur la vérité de Dieu, et qui
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favorisent les écoles des fa théologiens. NT tre devoir est de rebre telle présomption, Car en ces matières rien ne peut faire loi que la simple Parole du Seigng ur. PP ce qui s'en éloigne n’est que M "4 doit être évité comme le venin des serpents ; nous nous Soumettons nous-même à cette règle, et si les parlements où les universités de vos états veulent juger nos écrits et nos discours, que ce Soit d’après la Parole de Dieu. Autrement, nous ne ferons de leurs arrêts et de leurs condamnations non plus de cas que du fumier et des -gordures. Il ne suffit pas de dire : « Nous réprouvons, nous condamnons. » Ce n’est pas là le doux langage de Christ, mais celui d'étrangers. Si l’on appuie, au contraire, telle ou telle condamnation sur des textes de l'Écriture, nous nous soumettrons, dès que nous aurons reconnu que ces textes sont à bon droit invoqués contre nous. Nous sommes toujours prêt à nous laisser instruire par la Parole de Dieu. Je ne condamne point les décrets raisonnables, ni les lois pieuses rendues par les rois, les princes et les magistrats, mais seulement ces exécrables institutions du royaume de l’Antichrist, qui, sous les fausses apparences du christianisme et de la piété, éloignent tous les hommes de Christ..." » (1)
(1) Correspondance des Réformateurs, t, J., p. 257 et suiv.
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"4 #. | ” Cette léttré, € M la précédente adressée au mêmesroi, de fa sans réponse.
L'année suivante, (fin de janvier 1525), Lam-
bert se Re Le Mu bienveillant que lui
avait ai éfois à Lausanne Sébastien de Montfducon, lui dédia un ouvrage qu’il venait
de composer. C'était un recueil de trois cent
quatre-vingts thèses dirigées contre les abus Les plus criants de l'église romaine. {1) à
Après avoir rappelé à l’évêque le souvenir de ses bontés, et l'avoir mis en garde Contre les
Paradoxes d'un certain Conrad Treyer quiavait cherché, par cet écrit, à détourner les Suissesk
de la doctrine de l'Évangile, en l'appelant la doctrine de Luther, il l’exhorte à conformer sa foi et sa conduite aux enseignements des Écritures :
« Ne vous étonnez pasque je parle de plusieurs évêques (de Strasbourg), lui écrit-il avec une franchise hardie. Une ville à autant d’évêques qu'elle a de prédicateurs de l'Évangile, Car tout homme qui prêche la vérité, la vérité, dis-je, et non les mensonges des hommes, est un véritable évêque, ce nom lui füt-il refusé par plusieurs. Voilà les évêques de l’église de Dieu; elle n’en connaît pas d’autres. C’est pourquoi, là où il manque de fidèles ministres de la Parole de
(£) Farrago omnium fere rerum theologicarum.
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Dieu, il n’y a pas d’évêques. Et en réalité, par un redoutable jugement dù Seigneur, nous avons été privés de vrais évêques pendant plusieurs siècles... Les seuls prophètes de la vérité sont évêques, et de ceux-là, il faut en établir plusieurs en chaque lieu, à proportion de la multitude du peuple. Je ne saurais donner le nom d’évêque à Votre Grandeur elle-même, sans me rendre coupable de flatterie et agir contre
ma conscience... Je vous appelle prince; mais
je ne vous reconnais pas pour évêque, parce que vous n’évangélisez pas. Il est vrai qu'il n'appartient pas à tous d’évangéliser, mais seulement à ceux auxquels le Seigneur en a donné la charge et qui ont recu mission de sa part. Voilà les vrais évêques de l’église de Christ. Prenez soin qu'ils se multiplient dans le pays que vous gouvernez. Les évêques ne peuvent être seigneurs; ils ne sont que docteurs et serviteurs des peuples de Dieu. Que chaque paroisse ait le sien, élu par le peuple, sans lettres ni sceaux, ni autres superfluités de ce genre. Et qu’ils soient tenus pour évêques aussi longtemps qu'ils prêcheront l'Évangile du royaume de Dieu dans sa pureté.
«.… Je vous parle avec confiance, me souvenant de la bienveillance dont vous m'avez honoré jadis et de la noblesse de sentiments de votre illustre seigneurie. Je n’userai point de
w , LS ve à à DUR, — (On k° coupables flatteries. Vous avez une grande charge à porter; prenez garde de succomber sous le fardeau. Faites en sorte de régner sur un peuple vraiment chrétien, un peuple dans lequel Christ règne... Chassez de vos terres les loups, les mercenaires et les faux prophètes. Sachez que si vos peuples périssent, fût-ce même une seule âme, votre âme en répondra.
« Consultez la Parole de Dieu, et le Saint- Esprit vous enseignera comment tout doit être réglé dans le pays de votre domination. Si vous refusez la Parole de Dieu à votre peuple, il ne doit pas vous obéir. Les brebis du Seigneur veulent être nourries de la Parole sainte, seul aliment qui leur convienne. Les peuples fidèles ont le droit de dire à leurs princes : Nous voulons entendre la Parole de notre Dieu... Les peuples sont obligés d’obéir aux princes et aux magistrats, excepté en ce qui est contraire à la Parole de Dieu et qui tend à les priver de cette
Parole... "
« Nous avons oui dire qu'un prêtre de votre juridiction s'est marié, préférant le commandement de Dieu au décret du pape, et on ajoute qu’il à été jeté en prison avec votre consentement, et qu’il est persécuté jusqu’à la mort. Prenez garde, car votre âme répondrait de la sienne. Il a fait une chose nécessaire... J'ai agi de
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même, en dépit de la synagogue de perdition.
Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes...
Mariez-vous vous-même, Monseigneur, et dissipez par votre exemgie cette exécrable faction de l’Antichrist. » (1)
Lebrillant évêque ne se laissa pas convaincre par la parole ardente de son ancien hôte. Sa sympathié toute de curiosité pour la doctrine évangélique avait peu duré. Déjà en avril 1523, à peine un an après le passage de Lambert à sa cour, voyant venir l'orage, il exigea par serment de ses diocésains, de ne rechercher ni favoriser les doctrines luthériennes. (2) Deux ans plus tard, (23 mai 1525.) il obtenait des états qu'ils défendissent la lecture des écrits de Luther, sous peine d’une prison de trois jours pour la première contravention, et du feu pour la seconde. (3)
Ces échecs ne découragèrent pas Lambert.
. Toujours désireux de poursuivre dans son
(1) Correspondance des Réformateurs, T. p. 328 et suiv.
(2) Lettre de Berthold Hallerÿ à Zwingle, du 8 avril 1593 : « Episcopus Lausanensis convocavit omnes parochos; nescio quid cum illis acturus sit. Id unum constat, quotquot sacrificulos inunxit, speciatim juramento expostulavit, ue contra hant, neque faveant lutheranæ doctrinæ. »
(3) Rucar, Hist, de la Réformation de la Suisse, I. p. 268. — Sébastien de Montfaucon mourut à Nice, dans un âge avancé. Il avait été élu évêque, l'an 1517.
pays, au milieu de RU 1 qui Comprissent sa langue, une œuvre d’éva:gélisation, il
se tourna « vers la noble, puissante et célèbre cité de Besançon, » et dédia au Sénat de cette ville {15 août 1525) ses commentaires sur
Michée, Nahum et Habacuc. « Il ÿ à environ dix-huit mois, écrivait-il aux autorités bysontines, que le Seigneur m'appela à quitter la Saxe pour venir à Metz, afin d'y prêcher l'Évang'ile de son royaume. J’exécutai ce voyag'e qui n’était pas sans danger , mais [es satellites du pape furent animés contre moi d’une si grande fureur, qu'au bout de huit jours, je fus forcé de prendre le chemin de Strasbourg...
De Strasbourg, j'ai cherché, autant que cela m'a été possible, à engager par mes écrits ceux de Metz à se convertir au Seigneur et à secouer l’infâme joug des antichrists. Maïs tous mes efforts ont été mis à néant par l'influence de cette tourbe d’abbés, de chanoines, de moi-
nes, de prêtres qui forment l’armée de l’Anti-
christ, et qui sont venus à expulser du milieu d'eux les prophètes de Dieu, voire même à les mettre à mort. Ils ont jeté en prison l’un de ces prophètes, originaire de Lille en Flandre (1); mais le peuple l’a délivré de force. Un autre est venu deux fois, qui deux
(1) Jean Védaste,
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% me fois a été contraint de partir. Ils allaient en étouffer un quatrième s’il n’eût quitté la place. Enfin, ils ont livré leur saint évêque, Jean Chastellain, aux dents meurtrières des chiens de l’Antichrist, et ils l’ont fait mourir sur le bûcher. Ceux qui gouvernent maintenant cette ville de Metz joignent à leur cruauté une sorte de fureur idolâtre, et malgré les commandements de Dieu, ils exigent qu’on rende un culte aux images. Indigné d’un tel sacrilége, un très-fidèle serviteur de Christ, Jean le Clerc, natif de Meaux, cardeur de laïne, a brisé, ces jours derniers, à Metz, la tête de deux de ces idoles, dont l’une était à genoux devant l’autre. Bientôt saisi, cet homme de Dieu a été condamné par ceux qui condamnent Christ luimême, et il a été consacré martyr par le supplice suivant : |
«Le samedi 22 juillet de l’an 1525, sur la place de Metz nommée Champasselle (Champà-Seille,) on a dressé un immense tas de bois, au milieu duquel s'élevait un poteau. C’est là qu'a été conduit le saint de Dieu; on l’a fait asseoir sur des chevilles fixées au poteau; puis, on l’a attaché avec des chaînes et des cordes. Alors il a pris la parole: « Je compatis profondément, a-t-il dit, au malheur de ce peuple, si misérablement trompé par les enseignements des faux prophètes, qu’il s'imagine que j'ai
2 Tree commis un péché, en brisant la tête d’une idole. » À quoi il ajouta plusieurs paroles pleines de l’esprit chrétien. Quelqu'un l’interrompit, en disant : « Prie ce peuple de réciter pour toi un Pater noster et un Ave Maria. » Mais il répliqua : « Je vous prie tous de réciter pour moi Votre Père, afin qu’il me donne la foi. » Alors les antichrist repartirent : « Pourquoi ne demandes-tu pas aussi un Ave maria ? » Et lui de répondre : « Si quelqu'un le veut réciter, qu'il le fasse ; mais pour moi, je ne le demande point, non que je méprise la bienheureuse Vierge, mais parce que je m'en tiens au Seigneur Jésus-Christ, qui est mort pour moi.
C’est lui seul qui est médiateur et avocat entre Dieu et les hommes. » (1 Tim. ITet IJEANII.)
« Bientôt le bourreau s’approcha, armé de tepailles brûlantes avec lesquelles il lui arracha . le nez; puis, avec les mêmes tenailles, il tordit circulairement la tête du saint de Dieu, qui souffrait tout avec le même ravissement que Laurent sur son gril et Vincent sur son chevalet. Après cela, le bourreau lui arracha la main droite, puis il finit par mettre le feu au bûcher. Alors l’invincible athlète de Christ fit entendre, au milieu des flammes, jusqu’au moment de rendre l'esprit, ce beau psaume principalement dirigé contre le culte des idoles : « Quand Israël sortit d'Égypte, etc. »
Après ce récit du martyre de Jean le Clerc, Lambert fait appel à la ville de Besancon où il voudrait voir honorer le nom de Jésus-Christ. «€ Voyant, dit-il au sénat, l’inutilité de prêcher l'Évangile à de telles gens, j'ai cru de mon devoir de me tourner vers la noble, puissante et célèbre ville de Besançon, capitale du comté de Bourgogne, et qui, plus qu'aucune autre, est voisine de la trèes-chrétienne cité de Strasbourg. Je suis en effet Bourguignon d'origine,quoique né à Avignon, car ma famille est d'Orgelet, où vivent encore maintenant plusieurs Lam-— bert. Plaise à Dieu que ma chère Bourgogne, et, avant tous autres, mes chers Bisontins accueillent la bénédiction que Metz a rejetée, et désertent les rangs maudits de l’Antichrist, pour ne pas devenir des apostats et des excommuniés dans le royaume de notre Seigneur Jésus- Christ!... Puissé-je trouver ma joie dans votre foi, et Dieu veuille allumer son feu au milieu de vous, afin que, par votre moyen, la Bourgoone premièrement, puis la France entière deviennent la proie de cet incendie! » (1)
La prière de Lambert ne fut pas exaucée, Besançon ne répondit pas à ses vœux. C'était ailleurs, loin de sa patrie d'origine, bien loin de cette France qu'il aimait d'un si vif amour
(4) Correspondance des Réformateurs, 1. L., p. 374:
An pr et pour laquelle il eût volontiers donné sa vie,
qu’il allait déployer avant peu son activité de Réformateur.
N°17 TPE SEE QE | " À