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tions que Lambert avait formées à Strasbourg
avec les hommes éminents, qui l’illustraient, la
pauvreté l'yavait suivi. (1) Il étaitsans position
(1) Le samedi de l’octave des trois Rois, de l'an 1526, Lambert écrivait aux « nobles, sages et gracieu x seigneurs » de la ville de Strasbourg : « L'année dernière, environ à cette époque, j'ai fait connaître à vos Excelléhces ma grande pau vretés, et Dieu à permis que dès lors, toutes les semaines, j'aie récu quelque secours gratuit. J'en éprouve une vive reconnaissänce envers vos Excellences, et, pour mieux vous le témoigner, j'ai publiquement interprété tout Le prophète Ezéchiel et les trois premières épîtres de Paul, et maintenant je m'occupe du prophète Daniel et de l'explication du livre appelé la Révélation secrète. En outre, j'ai publié dans votre ville, par la voie de l'impression, plusieurs commentaires sur l’Écriture sainte. Désirant enfin vous offrir un faible témoignage de mon dévouement, J'ai fait imprimer les quatre derniers des douze petits prophètes, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, et je les ai dédiés à vos Excellences, pour servir à l’instruction de toute la chrétienté. J'espère que vos Excellences daigneront agréer cet hommage d’un pauvre serviteur de Christ, bourgeois de votre ville.
«Mais, comme mon ignorance de la langue allemande m’empêché de prêécher au peuple, j'ai le projet de prêcher et d'enseigner en latin, de vive voix, dans cette ville, et par mes fu ns la chrétienté tout entière. Cependant j je me trouve
i dans une si grande misère, que j'ose implorer avec con= fl nce vos Excellences, afin que, dans leur miséricorde ét leur + bonté, elles daignent prendre pitié de moi à cause de Jésus-
Christ, et que je puisse, tout en m'occupant jour et nuit de l'étude de l’Écrituré sainte, avoir de quoi me nourrir ainsi que ma famille. Nous contracterons ainsi l'obligation de prier éternellement, comme de fidèles sujets de vos Excellences, pour la paix et la prospérité de votre respectable cité, que nous recommandons à l'esprit et à la grâce de Dieu. »
Le conseil se laissa toucher par l’humble supplique de Lambert et pourvut pour une année à Se besoins.
On lit en effet dans les registres du conseil de Strasbourg
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dans l’église, sa loquacité lui avait fait des ennemis dans les rangs de la bourgeoisie: les savants lui reprochaient ses écrits et ses théories scientifiques ; d’autres encore critiquaient la tenue de sa maison. Au milieu de telles circonstances, l'appel honorable du landgrave était pour lui un inappréciable bienfait. Devant ses pas s’ouvrait un vaste et beau champ de travail, où il pourrait mettre en œuvre ses facultés pratiques et déployer au service de P6slise les dons qui lui avaient été départis.
Avant de suivre Lambert dans la position influente qu'il vaoccuper, il né séra passans intérêt de dire quelques mots de sa théologie et de ses principes sur le gouvernement de l’église. (1) -
(Post Erhardi, 1526) : Le docteur Franciscus Lampertus pré sente un livre qu’il a composé sur les quatre derniers prophètes et qu’il offre à Messeigneurs comme un petit cadeau, en reconnaissance des bienfaits de Messeigneurs, en implo= rant de nouveaux secours. Arrêté : que les deux seigneurs qui ont déjà traité avec ceux de saint Jean et des Chartreux lés engageront amicalement à l’entretenir encore un ‘añ, et informeront le docteur Franciscus qu'il ait à s'arranger. conséquence; s’il ne veut ou ne peut pas le faire, on ne devra pas le laisser mourir de faim, mais il faudra le nourrirsaux dépens des cloîtres, afin de l’avoir sous la main, si l’on avait besoin de lui pour l'établissement des écoles, Ils ajouteront qu’il ne doit rien imprimer ni publier, avant d’en avoir reçu l'autorisation ét de l’avoir fait examiner, » (Correspondance des réformateurs; I, p. 417, note 4.)
(4) F. W. HasstN@e. Franciscus Lambert von Avignon, p. 27-36, 7 j
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Quoique fort attaché par le cœur et par la reconnaissance au réformateur de Wittemberg, François Lambert avait su conserver l’indépendance de sa pensée en face de cette puissante personnalité. 11 ne s'était inféodé ni à la théologie de Zwingle, ni à celle de Luther.
Élevé en France, amené dans sa cellule à la
connaissance de la foi, en dehors de toute pressionfextérieure, Mine en Allemagne, il avait vécu jusque là à Strasbourg, libre de tout esclavage humain. Du reste il faut remarquer qu’en 1526, le grand courant de la réforme, quoique très-nuancé, coulait encore dans le même lit. Ce fut plus tard, après des luttes douloureuses qui menacèrent l'existence du parti évangélique, qu’on vit les camps se former, la dialectique prendre la place de la vie. Ilest vrai que Lambert subit fortement, pendant les premières années de son séjour en Allemagne, l'influence de l'école de Wittemberg. ux pieds des docteurs de cette université célèbre que la vraie science lui était apparue; mais à Strasbourg, placé dans un milieu
différent, entouré de personnalités moins puis-
santes, il put respirer plus à l'aise et se former . dés convictions plus individuelles. Toutefois il professa jusqu’au colloque de Marbourg la doctrine luthérienne sur la cène. à “4
Quant à ses principes ecclésiastiques, Lambert
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les dut un peu à son entourage-alsacien, beaucoup à son esprit essentiellement pratique, mais surtout au besoin qui le possédai de régler en tout sa pensée et sa vie sur les e seignement® divins. Ce qui caractérise en effet la théologie de Lambert, c’est sa couleur scripturaire. Les Saintes Écritures constituaient pour lui la norme infaillible, indiscutable de la science et du gouvernement ecclésiastique. La confusion. qu’il établissait entre les écrits de l’ancienne et - de la nouvelle alliance le conduisit aux vues théocratiques qu’il professa, comme encore l’accent qu'il mettait sur l'élément prophétique dans le croyant l’induisit à confondre l’église militante et à l’état de devenir avec l’église idéale et triomphante, la masse christianisée avec les convertis. Une réforme de l’église, quelque sérieuse qu’elle pût être, ne pouvait donc lui suffire ; il rêvait une église nouvelle et’ pure qu’il chercha à réaliser, dans la cons 1-b tution dite de Homberg. os | Voici quels étaient, en résumé, les principes * de Lambert en matière ecclésiastique : à Tous les croyants, hommes ou femmes, sont prêtres. %# Il y a deux sortes de fonctionnaires dans * l’église : les évêques ou presbyters et les diacres. Ceux-ci représentent les lévites, ceux-là les sacrificateurs de l'Ancien Testament.
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L'église est 18 congrégation de ceux qu'unissent lé même esprit, la même foi, le même Dieu, le même médiateur, la même Parole, par laquellé seule ils sont gouvernés, et en. laquelle seule ils ont la vie.
L'exercice de la discipline, le gouvernement de L'église et le choix des évêques appartiennent à la congrégation. « Il est nécessaire, ditil, que ceux qui distribuent aux ae la Parole de Dieu, soient nommés par ceux aux-
ha auels ils la D OS L
La vocation des ministres de Dieu est double :
elle est intérieure, par l'Esprit de Dieu, exté-
rieure par l'appel du troupeau. Tous les hommes peuvent obtenir l’appel extérieur ; l’appel intérieur n’appartient qu’à ceux auxquels Dieu l'adresse. Où manque cet appel, toute vocation extérieure est nulle, toute nomination à une
charge ecclésiastique sans valeur.
Quel est, demande Lambert, le signe certain de là vocation intérieure? C’est, répond-il, Lors-
qu'on ne désire pas une vie facile, qu’on ne.
cherche pas à être appelé docteur par les hommes, mais qu’on veut accomplir une œuvre
vraiment bonne. Veiller surle peuple de Dieu,
prendre soin de ses intérêts "ons avec le plus grand empressement etle plus grand
amour, être prêt à mourir ou à tout souffrir
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d | Dore : plutôt que de renier la doctriné du pur Évang'ile, voilà le caractère distinctif du vrai serviteur de Pin | à , Le SOrt peut être employé dans les cas diffciles. *
* Ua communauté doit y avoir recours lors-
qu'il s'élève quelque conflit entre elle et.l’au-
MN forité Civile.
Quoique ra distingue nettement le domaine. politique du domaine ecclésiastique, il ” considère cependant les autorités constituées re comme les membres par excellence de l’église. 11 2 « Les sénats dé chaque lieu, dit-il, doivent "i + veiller et aviser à ce que al qui ns choisis "pour évêques par les croyants de chaque pa- | roisse, soient propres à cet office. Ce dernier deme voir concerne aussi, et très-particulièrement, les princes.» — « Les magistrats ont le droit d’ordonner que rien ne se fasse de contraire à la ir Parole de Dieu, et il faut leur obéir. » — Mais ceux-ci viennent-ils à interdire la propagation .de l'Évangile, il faut leur résister. Dans ses * lettres à François T°", dans son épître à l’évêque de Lausanne, il invite les peuples à refuser obéissance aux princes ou aux magistrats qui, tout en voulant passer pour chrétiens, met- . traient des obstätles à la libre diffusion de l'Évangile. Les peuples, sont tenus d'obéir en
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1h k) A A CR ÿ LL ÿ Fi L'A L 1 ol “ — 8 — . ni a." D toutes choses aux princes et aux magistrats, . + sauf lorsque cette soumission serait une révolte, en 7 contre la Parole de Dieu. RTC #3 He de " Lambert voulait une forte. discipline dan: fé
l’église. « Toute église deétoyants, dit-il, doit, . lorsque la circonstanicg, dxige, priver sest ‘14 membres de’la communion fraternelili et leur ” interdire toute communication extérieure avec kr. 4 leurs frères. L'adultère, la fornication, le vol, ». le parjure, la calomnie, l’avarice, la cruäuté à l'ivrognerie, le reniement de Christ, eté#sont mr. autant de motifs en » Il est sh.
permis aux croyants, écrit-il dans son commen -# | M. taire sur Jonas, d’aller auprès de leurs frères en la foi, fussent-ils princes, magistrats, et de leur dire : « Frères, nous sommes des brebis de Christ qui vous sont confiées comme à des : … serviteurs, nous voulons et exigeons que vous nous fassiez enseigner la Parole de Dieu. » — «Refusent-ils? Toute l'église doit se rassembler M] afin de prononcer sur eux, et se servir pour À sa défense non des armes de la chair, mais des , FAR
L ÉEYt D FL :
armes spirituelles. » is |
Lambert exposa ses vues sur le rôle de la vu, science dans l'église da 5. un écrit remar— quable à plus d’un égard, qu il publia à Stras-
… bourg en mars 1526. C’est son traité sur & la Lu Poe la science, ru langues, l'esprit RE,
FR æ RS 4 à
De Le + re
Fe ri la lettre, » (1) que nous avons déjà mentionné.
is Cet .opuscule fut violemment attaqué lorsqu'il arut et fit accuser l’auteur d’hostilité à la
+ théologie. I renfere des enseignements que ne: L'on peut encore méditer avec fruit.
à épe + Lambert établit d’abord qu'il y à une faculté "supérieuré de comprendre, .un sens intellectuel
h qui provient direGtement de Dieu, que l’homme FRA le plus savant ne possède point, s’il n’est éclairé sprit d’en haut. La foi seule, non la
| à à: acte humaine, peut contribuer au NT RE sement de l’image de Dieu en l’homme. Puis 4 LA done qu’il est constant que le. non croyant ne m“" saurait faire un ‘bon usage de la science, qui ne tremblerait de se laisser plus longtemps instruire par les écrits des païens? On ne 14e saurait tirer d’une source autre chose que ce - qu'elle renferme. « J’appelle science profane tout ce qui, d’une manière quelconque, rend
dé l'esprit flottant et incertain, comme les arti- Fr. fices des sophistes, les arguties des juristes, les j: sé 5 décrétales des papes, les règles des moines,
." l'art d’un Ovide, l'amour d’un Pamphile, les R . tragédies, etc. » 11 y en a plusieurs qui, tout en confessant hypocfitement le nom de Christ, sont tellement attachés aux profanes qu'ils pré- ' - (4) « Commentarii de P one Eruditione et Linguis pu. * deque Littera et Spiritu. » Fa
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férent les fables à la vérité, Platon à Jean, Aristote à Moïse, Virgile à Paul. Ils ne s'inquiètent point d'empester leur 4 pourvu qu'ils polissent leur langage, qu'ils sachent balbutier quelques sophismes et qu'ils brillent, ainsi aux yeux des hommes. Et cependant les croyants possèdent une. éloquence supérieure à celle de millions de Cicéron. jai c'est une élo- , quence pleine de douceur, qui n’est comprise et aimée que des saints. Ses règles ne procèdent pas des hommes, mais de l'Esprit de Dieu « Je vous donnerai moi-même des paroles et une
sagesse telles, dit le Seigneur, que tous vos adver- «
saires ne pourront ni les contredire ni y résister.» C'était l’éloquence d'un Paul, l’éloquence d’un Matthieu et de tous les autres apôtres et prophètes de Dieu. Rejetons-nous pour cela toute science humaine? En le faisant ne rejetterionsnous pas une œuvre de Dieu ? Une vraie science humaine est tout aussi bien une œuvre de Dieu que les pierres et le bois. Ce que nous demandons seulement, c'est que personne ne veuille en faire usage en dehors de la foi, Nous voulons que les oracles de Dieu servent toujours de règle et de frein. Dans toutes tes études tu dois avoir un seul but en vue : apprendre à connaître Dieu. Tu dois rejeter comme un venin tout ce qui n'y conduit pas. Lis donc les
. 1 b À SUR écrits d'un Averroës où ‘d'un Virgile, mais
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