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précepte du même apôtre, quand il dit, au même endroit : « Si tu peux t’affranchir, profites-en ? » | | M'étant donc séparé de la société des méchants, je suis venu dans cette académie de Wittemberg, la première du monde, où rien ne manque de ce qui à rapport aux bonnes lettres. et aux lettres sacrées. Ici l'instruction coule à pleins bords. Je m’afflige d’être devenu presque muet (1) et de ne pouvoir plus enseigner au peuple, de vive voix, la Parole de Dieu. J’attendrai ce qu'il plaira au Seigneur d'ordonner, et, autant qu’il me sera possible, je m’efforcerai d'amener, du moins par mes écrits, tant en latin qu’en langue vulgaire, tous les lecteurs à la connaissance du pur Évangile.
Je résume en trois points lies motifs et les effets de ma Conversion :
Premièrement : Ayant prononcé jadis, dans un état d’entière ignorance, des vœux complétement opposés à la profession chrétienne, j'abjure toutes les inventions des Frères Mineurs, déclarant tenir le saint Évangile pour la seule règle nécessaire de ma foi et de celle de tous les chrétiens.
(4) Lambert ne savait pas l'allemand. Il paraîtrait même, par une lettre qu'il écrivait à Bucer huit ans plus tard, qu'il ne le posséda jamais assez pour pouvoir prêcher en cette langue.
+ - 1% | — 158 4 Secondement : Je désavoue tout ce qui, dans mes anciennes prédications, n’est pas en parfait accord avec la simplicité de l'Évangile.
J'adjure tous ceux qui m'ont jadis entendu prêcher ou qui ont lu mes écrits, de rejeter
tout ce.qui n'est pas conforme à la vérité main-
tenant révélée. Mais j'ai en Celui qui m'a Te | tiré de cette servitude, pire que celle d'Égypte, la confiance que, par son aide, je pourrai abondamment réparer toutes les erreurs que
| j'ai commises dans mes ouvrages.
. Troisièmement : Comme personne ne peut parvenir à la connaissance de la vérité, à moins qu’il ne se détache du pape antiehrist, je m'affranchis de celui-ci et de tous ses décrets, ne voulant point continuer à faire partie de son royaume apostatique, mais vonlant, au çontraire, en être à jamais excommunié; Car je sais que ce même royaume est exCoRnUnÉ et maudit de Dieu.
Mais je traiterai ce sujet plus au long dans un autre ouvrage.
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br ÿ FRANÇOIS LAMBERT D'AVIGNON A TOUS LES FRÈRES è MINEURS. DE WITTEMBERG, EN MARS 15238, 4 Francois Lambert d'Avignon, inutile serviteur de Jésus-Christ, à tous ses très-chers frères r de l'Ordre des Mineurs, souhaite grâce et paix . à 6 ee : 4 avec la connaïssance indispensable de 14 "vérité! F pa Je crois avoir suffisamment expliqué dansun
autre écrit (1) les motifs qui m'ont conduit à quitter votre Ordre. Mais, pour que l’on connaisse mieux encore que ce n’est pas sans l’agrément de Dieu que j'ai agi de la sorte, je me propose de publier un bref commentaire sur votre Règle. Je l’ai assez interprétée jadis selon la chair, alors que la tyrannie du pape et les plus funestes inventions humaines voilaient encore l'éclat de la vérité évangélique. Mais aujourd’hui que, par la grâce de Christ, mes yeux se sont ouverts, j'ai renoncé à toutes les erreurs que je suivais encore quand j'étais comme à l’état d'enfant. C’est pourquoi, pour
(1) $ précédent. Motifs pour lesquels, etc.
bien juger de votre e Règle, j j'ai pris comme seul guide la Parole de Dieu, qui est efficace, non seulement pour donner l'intelligence des. inventions humaines, mais pour apprendre aussi
à les redresser, et, s’il le faut, à les détruire. Ÿ
. Ne vous étonnez pas que je m’exprime sur ce sujet avec autant de liberté. Car, après avoir autrefois professé votre Règle à l’étourdi, je puis aujourd'hui l’apprécier avec réflexion.
D'ailleurs, tout croyant ne doit s'appuyer que
sur la Parole de Dieu et obéir au Seigneur
plutôt qu'aux hommes (Actes V.) Aussi je ne
tiens nul compte des approbations, des décrets, des déclarations, des censures du pape, ni de rièn.dé ceque cet homme de péché, ce fils de perdition, à jamais pu imaginer, sous l'influence de sa folle sagesse charñelle.
Je n’ignore pas que la plupart des vôtres seront blessés de ce que je donne au pape le nom d’Antichrist, et de ce que j'appelle son royaume, C'est-à-dire tous ses adhérents, un royaume anti-chrétien et apostatique. Mais s ils veulent soigneusement examiner les Écritures, ils verront qu'on ne peut pas s'exprimer d’une manière plus juste. Car ce qui est dit dans Da-. niel (ch. VIII) du Roi au visage impudent, ou plutôt, selon l’hébreu, du Roi à plusieurs visages, se rapporte, ainsi que d’autres passages semblables, à ce royaume mieux qu'à aucun
* * El
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autre. C’est jai du que gipiens cette courtisanne vêtue pourpre, Lt est assise sur
la Bête, c’est-à-dire sur le pape antichrist
(Apoc. XVII) et dont la chute est prédite * M . & {apoo. XIV-et XVII), et dont il*est dit, au | même livre : « Sortez d'elle, mon peuple, pour
ne participer ni à ses méfaits ni à ses châti-
ments, » Or, comme il est certain que toutes " Jes sectes des moines, des = des évêques, des protonotaires, des abbés, des cha- * noines, et tous les masques qui leur ressem- | ‘blent, appartiennent à Ce même royaume (le +4 perdition, il faut tenir tout cela poux néant et se hâter d'en sortir. Autrement, viendra le châtiment.
Plus loin il est aitè propos de ce royaume de la courtisäne vêtue de pourpre : « Dans la coupe qu’elle nous a versée, versez-lui au dou-
| ble. » Cette précieuse coupe d’or, que la cour- “4 tisane tient dans sa main, et qu'elle a remplie de ordures et de ses abominations, ç’est, n'en doutez pas, la Parole de Dieu. Car qu'y l-it de plus précieux au monde ? Or, c'est cette-Parole que l'Antichrist et son royaume … ont remplie de leurs abominations, lorsqu'ils s'en sont servis pour masquer leurs impiétés : et leurs fictions; car jamais les élus ne se se- À raient enivrés de telles impudicités, si elles ne leur avaient été présentées dans la goupe d'or,
Là
4 énitations maudites du royaume papist
TO — 15 —« c’est-à-dire sous ge mt : (ft très- RMAARRE
nom de Dieu.
Le" tous nous avons bu dans cette coupe récieuse, et au nom glorieux du Seigneur, les
Mais il nous faut séparer ce qui est précieux de. de ce qui est vil, pour être comme la bouche
du SeigneurgJérémie XV). Saïisissons donc la coupe d’or, en rejetant toutes les impuretés et 1 les abominations de la papauté. Appuyonsnous sur la seule Parole de Dieu, et renoncons
à tout ce qui s’en éloigne.
Mais dans cette coupe de la Parole sainte, les élus doivent verser au double. Verser quoi ? Des impuretés, comme Mal ue de l’Apocalypse ? À Dieu ne plaïse! Cette courtisane impie a versé dans la coupé tes les ordures et les souillures, les indulg'ences, les constitutions, les décrets, les sectes, les excommunications | et les stisée monstruosités du même genre.
Elle tenait en main cette coupe d'or, je: eux dire, l'éclat extérieur de la sainte Écriture, * mais elle ne possédait pas, pour la rempl cette liqueur excellente de l'esprit caché dans , le cœur. Mais aujourd'hui la vérité précieuse de la Parole a été révélée aux élus, en sorte que, par l’esprit de Christ, ils ste gladé aisé— ment l'accord des livres des deux Testaments. Ils apprennent ainsi combien s'écartent de la
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piété, selon Christ, toutes les ordonnances du royaume apos tie. C’est pourquoi, dans la coupe d’or, €’est-à-dire, dans le texte pur de ces livres, ils versent au double, en déchirant,
en torturant, et en confondant, par les nombreux passages de l'Écriture, ds pape et tout “son orgueilleux royaume, de telle manière que,
autant il s’est glorifié et flatté lui-même, par les interprétations tout humainé$ qu’il a données de la Parole sainte, autant il recevra de confusion et de châtiment par cette Parole exposée dans sa vraie significätion.
Ainsi donc l’apparence de la lettre représente la coupe précieuse d’or, mais c’est la vérité qu’elle recouvre qui est, pour tous les élus et les anges, sa délectable.liqueur. On doit d’autant plus la versef dans la coupe, que c’est par ce moyen que le Seigneur veut punir le royaume impudique. La Parole qu’il haït devient l'instrument de son châtiment.
Ainsi donc Dieu nous ordonne trois choses :
Premièrement : de sortir de ce royaume qui en tous points s’est éloigné de Lui; secondement : de verser dans la très-précieuse coupe de la Pa-
role de Dieu, les évidents témoignages de la
sen ans Ê loi divine; troisièmement : de torturer par ce breuvage, c’est-à-dire par l'harmonie des vé-
rités scripturaires, ce royaume impie. Ces pré-
ceptes très-saints et très-salutaires à tous les
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croyants, sommes-nous dans l'erreur quand nous nous efforcons de les accomplir ? C° est. certainement la volonté de Dieu que ce royau-
me impie soibatétruit, non par la violence, ,
mais par la seule Parole divine, et qu'à sa place %
s’élablisse en ce monde le royaume de Dieu et
de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen !
J’ai donc publié mon commentaire sur votre Règle et sur tout ce qui se trouve dans les règles et constitutions des autres ordres monastiques, afin que l’on connaisse bien ft que l'on évite avec soin toutes les abominations du royaume papistique. Il existe déjà sur ce sujet un écrit de Martin Luther, théologien très-chrétien, où tout ce qui peut servir à dévoiler la folie des vœux monastiques est amplement exposé. Je ne veux point, comme le croiront peut-être les ennemis de la vérité, renverser l’ordre, mais mettre un terme à la confusion. Je ne m'élève point contre l'Évangile de Christ,
. qui est la seule règle de tous les croyants ; no-
tre unique but à tous est de nous attacher à la seule Parole de Dieu, en rejetant les pitoyables traditions et les inventions folles des'hommes.
Nous sommes enfinképouvantés d’être, pen-
dant tant de siècles, demeurés aveugles, main- tenant que nous nous réjouissons à la lumière
nouveliéent manifestée. Nous voyons que Paul, élu de Dieu, blâme vivement et accuse
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de schisme, de faux zèle, d'esprit charnel, ceux qui disaient : « Moi je suis de Paul, et moi d’Apollos, et moi de Céphas ! » et it s’écrie : « Que
. personne ne se glorifie dans léshommes ! Car
tout est à vous, soit Paul, soit Apotlos, soit Céphas, soit le Loue soit bi vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les Ghoses à venir, Tout est à vous, et vous êtes à Christ. » Puisqu’il en est ainsi, certes ils sont schismatiques, querelleurs et charnels, ceux qui divisent Christ et qui disent : « Moi je suis de François, moi de Dominique, moi d'Augustin, moi de Claire, moi dé Brigitte, moi de tel on tel. » Est-ce que François, Dominique, ou les autres ont été crucifiés pour personne ? Ou bien avons-nous 6té baptisés au nom de quelqu'un d'entre eux? ‘
Il y a dans ce monde un aveuglement étrange pour que Christ ait été divisé en tant de sectes, dont chacune s’est fabriqué des vêtements de pharisiens, et se vante d’avoir quelque degré de plus de morcellement que toutes les autres. Elles prennent le nom d'ordres, quoique personne neSoit plus éloigné de l’ordre de Ia piété chrétienne, que celui qui à une fois embrassé le monachisme........ &
Plût à Dieu qu'on svt périr tous ces monstres enfantés par Satan, et qui déchirent d'une ma-
nière si funeste Vunité de la sainte Égli “NT 4
Christ ! Il n’est presque aucun d’entre eux qui prenne simplement le titre de disciple de Christ. Les uns, sous les faux dehors de la pauvreté évgélique, en mendiant ; les autres, avec une rapacité incroyable, en ramassant de toutes parts les biens terrestres, épuisent le monde entier. Ils sônt dans le monde comme les mites dans les habits, les souris dans les greniers, les sauterelles dans les herbes, la rouille dans les métaux. Plûüt à Dieu que tous se convertissent au fond du cœur et ouvrissent les yeux à la lumière qui daigne luire dans les ténèbres ! Je ne veux pas attaqueë ce peuple monacal, parce que moi-même, jadis, j'en ai fait partie dans mon égarement; mais je désire que ceux qui sont égarés recoivent de Christ la connaissance indispensable de la vérité, afin qu'ils ne périssent point, mais qu’ils viennent au salut. Je voudrais pour cela devenir moi-même anathème. Qui donnera à l’Église de Christ de voir toutes les sectes de la terre «et toutes les prétendues confréries des saints entièrement détruites, pour que tous, d’une même bouche, avec une même liberté, ou un seul chè le aéren Jésus-Christ ! C’est le seul vœu, le 1bbut de ceux ent contre les moi-
En dl donc cet ouvrage quel qu’il soit, parce que, s'appuyant no” al seule Parole de
Christ, il doit être pour les âmes pieuses, un secours et une consolation, et pour les impies un scandale, une ruine et une perdition. Que la grâce et la paix de notre Seigneur Jésus- Christ soient avec votre esprit, frères! Amen.