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« Je-ne puis assez dire tout ce qu’il me firent
endurer de tourments, parce que je ne prêchais pas selon leur gré (1). » |
Le peuple accueillait avec avidité les discours du jeune prédicateur. Les moines seuls, « comme des serpents sourds, » fermaient l’oreille à la voix du Très-Haut, et disaient sur tous les tons qu'il était un flatteur et un falsificateur de la Parole Sainte, ce que Lambert ne pouvait leur accorder. u k e &
En 1517 environ, frère François fut nommé %
prédicateur’ apostolique du couvent. « Cette glorieuse mission m’appelait, dit-il, à parcourir le monde entier à l'exemple des apôtres, et à saisir Comme eux toutes les occasions d’an-
- noncer l'Évangile (2). »
On le vit dès lors, au lieu de rechercher les gros présents, les tables bien garnies, parcourir à pied les campagnes et appeler à la conversion ces populations ignorantes que le feu de ses lèvres attirait en foule sur ses pas. Prenant pour texte de ses discours le livre populaire par excellence, l’Ancien-Testament, il commenta devant ses nombreux auditeurs le livre des Psaumes, Jérémie, Job ; puis il aborda l’étude singulièrement dangereuse pour un dis-
(1) Correspondance, t. I, p. 120.
(2) Idem, p. 120.