Crespin, op. cit., fol. G47 v
3. L'abbé Vallet cite les noms des trois députés de Gien pour le tiers état aux Etats généraux d'Orléans (1560). Ces noms semblent indiquer que tous trois étaient protestants. Ce sont MM. Pierre Le Noir, Simon Dasnières et JeanCliazeray.
la somme, il y eut des femmes de ce parti qui donnèrent jusqu'à leurs bagues et leurs joyaux (p. 147).
Le '44 avril (1562), le capitaine La Borde, gentilhomme du pays de l'Auxerrois, vint par ordre du prince de Condé lever une compagnie de gens de pied « tant deGyen que des villes circonvoisines. » Mais comme les communes environnantes se réunissaient pour piller tout autour de la ville, le prince, désireux de conserver une place aussi importante, y envoya Genlis avec sa cornette de gendarmerie. Celui-ci arriva le 55 avril ; il fit si mal son devoir, et ses soldats se conduisirent de telle sorte, qu'il dut bientôt se retirer \
Vers ce même temps les habitants d'Ouzouer-sur-Trézée ^ commencèrent à fourrager et à piller les fermes de ceux de Gien, et à détrousser et voler les pasants ce sous couleur de garder (comme ils disoient) leurrehgion ». Gela fut cause que les assemblées, au lieu de se faire hors de la ville, suivant l'Édit de janvier, durent se faire dans des temples, « non toutefois sans publique protestation faite par le ministre, de les rendre toutes et quantcsfois qu'ils plairoit au Roy, estant en sa liberté. » Malheureusement les soldats du capitaine La Borde, «qui s'estoicnt auparavant si sagement conduits.;... se mirent après à ruiner temples et autels, n'oublians pas aussi de se saisir de ce qui sert à la messe,laquelle cessa de là en avant, combien qu'ils n'eussent aucunement touché aux personnes des prestres. ))
Le prince de Gondé rappela immédiatement La Borde et sa compagnie. A leur place fut envoyé le capitaine Noisy avec sa compagnie de gens de pied. Ge capitaine sans conscience essaya
1. « Quelques uns de sa cornette, dit Th. de Bèze, firent bien pis, ayans rompu de nuict une croix de pierre qui estoil en place publique, duquel faict contrevenantà l'Édit de janvier jusques alors inviolablement observé, estans grandement qfieiisés ceux de l'une et de l'autre religion, bonnes enquestes en furent faites... ï> II. 446.
2. C'était un bourg fermé et distant de trois lieues de Gien. (Th. de Dèze, Ibid.).
en vain de surprendre Ouzouer, et se rua « sans occasion » sur Saint-Brisson, où lui et ses soldats brisèrent les images et pillèrent les prêtres notamment le curé. Cependant sur les plaintes qu'en fit ledit curé, les meubles furent restitués « à la sollicitation des ministres, et par la diligence du sergent de bande nommé la Troardière )>. Quant au curé de Saint-Brisson, après avoir « fait la cour » à l'Evangile, il retourna peu après à son premiermétier,pour la(( friandise d'une chanoinerie » de Gien.
Ceux de Gien s'étant plaints du capitaine Noisy, le capitaine La Borde leur fut envoyé au mois de juin.
C'est vers cette époque que se place un des rares faits concernant Daneau. Th. de Bèze, suivi en cela par l'abbé Vallet, place ce fait en 1562. Un certain Pierre Châtaignier, de Sully, auteur de Mémoires aujourd'hui disparus, mais cités par l'abbé Vallet, le place en 1567^ . Mais son récit, trop surchargé, paraît moins digne de confiance, et l'est en effet, comme nous le verrons tout à l'heure. Voici comment s'exprime l'abbé Vallet, dont le lecteurpourracomparerlerecitaceluideTh.de Bèze. «Quoique les autels eussent été abattus, et que la messe eût cessé, cepen-
1. Pierre Châtaignier, de Sully, que l'abbé Vallet cite si complaisaninient, ou plutôt beaucoup trop coraplaisamment, écrivait vers la seconde moitié du xvill" siècle. 11 cite, en effet, un débordement de la Loire qui eut lieu en mai 1733, etune ordonnance royale du 4 août 17il. Telle est cependant la confusion qui règne dans les Notices de l'abbé Vallet, qui; nous ne donnons pas ce renseignement comme absolument exact, malgré ce qu'il a de vague. Les Mémoires de Châtaignier ont disparu; il paraît même qu'ils auraient été détournés comme l'a été, nous a-t-on affirmé, tout ce que la bibliothèque, que l'abbé Vallet légua à la ville de Gien, contenait d'intéressant. — Les renseignements fournis par Châtaignier doivent être contrôlés au moins aussi sévèrementque ceux fournis par l'abbé Vallet. Un seul exemple ajouté à ce que nous citons de lui, suffira pour motiver ce jugement peu favorable. D'après lui, et il prétend citer d'.\ubigné (voy. ci-dessous, p. 55, note i) qu'il a lu, mais sans le comprendre La Fayette se serait emparé de Gien an nom des protestants; de plus // // aurait dressé une profession de foi des Églises réformées pour les Allemands; enfin ce serait l'armée roijale qui l'aurait forcé à quitter Gien en sei)lenibre [oQît. Voici maintenant le jugement porté par de Bèze (II, 411) sur ce La Fayette : « homme très cruel, et ennemi capital de ceux de la religion... s
— cédant on avait laissé en repos les religieuses de Sainte-Glaire au faubourg de la ville, dans l'espérance qu'insensiblement elles prendraient goût à la nouvelle religion. Les ministres, voyant qu'elles persistaient dans l'ancienne, résolurent d'envoyer quelqu'un d'entre eux pour leur parler. Le capitaine La Borde, ayant approuvé ce dessein, voulut y aller lui-même avec le ministre L. Daneau et un autre. Etant entrés dans le monastère sans aucune violence, ils prièrent îes religieuses de vouloir seulement entendre ce que le ministre leur dirait. Ces bonnes filles, loin d'y acquiescer, se mirent aussitôt à crier de toutes leurs forces, comme si le feu eût été dans la maison, firent plusieurs signes de croix, et se bouchèrent les oreilles, de sorte que La Borde et le ministre furent contraints de s'en retourner sans rien faire. Il n'y en eut qu'une qu'ils purent gagner; encore ce ne fut qu'après que les parents l'eurent retirée chez eux, et après de grandes résistances. Ils ne furent pas plus heureux chez les minimes, situés dans le même faubourg. Un seul, d'entre les plus jeunes, se laissa pervertir: tous les autres persistèrent dans la vraie religion, et se retirèrent pour éviter la persécution. » (Vallet, p. 150, 151.)
D'après Châtaignier, les portes du monastère furent coupées et enfoncées, et les sœurs en grand danger d'être violées ou tuées. Elles se mirent en carré, les jeunes étant au milieu, et « le ministre voulant leur parler, elles se bouchaient les oreilles et criaient tant que Dieu leur donnait de force : verbiun carofactum est, et habitavit in nohis; et comme il voulait recommencer, elles criaient de même : ïiostem repellas longues; une autre fois: Maria mater gratiœ. mater misericordiœ, tu nos ab hoste protégeai Et ainsi toujours à mesure qu'il voulait parler, selon que le Saint-Esprit les inspirait, au point qu'il fut obligé de se retirer
1. Ces mots sont tirés de l'iiymiie Veni Creator, etc., et de l'hymne : 0 gloriosa domina, etc.
n'ayant pu dire quatre paroles de suite; ce dont il fut si honteux qu'il alla se mettre au lit, et par un extrême regret, il en mourut au bout de sept jours. » (Vallet, p. 184 et s.)
Nous ne poursuivrons pas; ce dernier trait prouve que Châtaignier, qui n'écrivait d'ailleurs que fort longtemps après*, se laissait quelque peu aller à son imagination. Daneau ne mourut que trente ans plus tard, et il faut avouer qu'enfoncer les portes, pour venir faire ensuite une prédication, serait un exorde trop peu persuasif pour qu'on suppose que des gens doués du moindre bon sens aient pu l'employer. Ou la violence, ou la prédication; et puisque tous accordent que le ministre prêcha, il faut nécessairement retrancher la violence. Tout au plus pourrait-on la supposer en face de l'insuccès de la prédication : mais Châtaignier lui-même nous apprend que les religieuses furent au contraire conduites sûrement hors de la ville et hors de tout danger. De même on aurait pu croire que la scène de 1562 se serait renouvelée en 1567; mais le récit de Châtaignier ne permet pas non plus une pareille supposition. Il n'y a donc pas lieu de s'arrêter aux embellissements qu'il a cru devoir ajouter, sans doute pour l'édification de ses lecteurs. Il va sans dire que d'après lui, les minimes ne furent pas mieux traités que les clarisses. « Ils se voyaient livrés, dit-il, à toute la fureur des hérétiques. » Seulement ils en souffraient peu, puisque, toujours d'après Châtaignier,. ils purent yendre vingt-deux pièces de vin blanc, le meilleur du vignoble, emporter leurs meubles, et s'en aller eux-mêmes librement à Tours, où ils restèrent jusqu'au mois de mai 1568. (Vallet, p. 190.)
Nous devons encore mentionner ici une accusation lancée contre Daneàu par l'avocat Jean Bruneau. Parlant des différences dogmatiques qui existaient entre les luthériens et les
1. De cent cinquante à deux cents ans, si nous ne nous trompons.
calvinistes, et dont on prétendait au XYf siècle se faire contre ceux-ci une arme redoutable, Bruneau cite un ouvrage de Luc Osiander adressé aux Églises réformées de France et de Belgique *, où celui-ci reproche entre autres choses aux ministres , d'avoir contribué au renversement des images, et de l'avoir même parfois provoqué. Daneau proteste contre cette accusation : il dit que sans doute les ministres ont été heureux de voir disparaître ces idoles, élevées au mépris de Dieu et de sa loi, et qui ne faisaient qu'entretenir la superstition du peuple; mais qu'ils n'ont jamais approuvé, non plus que les chefs politiques protestants, la manière dont ce résultat avait été atteint". Jean Bruneau, après avoir mentionné le sujet de la discussion, ajoute : « Je ne récite ces choses pour en disputer, mais pour monstrer lediscord qui est entre eux. Toutesfois je scay bien que le dit d'Aneau se trompe, quand il se veut excuser delà ruine des temples, car luy-mesmes est la cause de la ruine des nostres. Il scaitbien les vers qu'il m'en donna. » Nous laissons au lecteur le soin de choisir entre un reproche basé sur des vers non cités, et une affirmation positive dans un ouvrage de polémique sérieuse. Pour nous le choix est fait, car nous ne doutons pas un instant que si Bruneau avait pu fournir une preuve plus solide, il ne l'eût fait.
Le capitaine La Borde fut rappelé à Orléans quelque temps après. A sa place fut envoyé le capitaine La Porte, du Vendômois, qui se conduisit fort mal, et se signala par sa cruauté vis-à-vis des gens de Saint-Gondon « qui luy avoient tiré quelques arquebusades en passant. » Ce La Porte finit par abjurer après la reddition de Bourges.
1. Bruneau, Discours chrestien, etc., fol. 77 b. — Le titre de l'ouvrage d'Osiander est : Pia et ftdelis ad Gallicas et Belgicas Ecclesias admonltio, etc. Daneau répondit à cet ouvrage. (Voy. Bibliographie, n" 31.)
2. Lamb. Dxnxeï, Opuscula omnia iheologica, etc., p. 1507et 1508.
(T Pendant ces troubles et calamités les ministres de Gyen ne laissèrent de travailler en leurs charges, de sorte qu'outre les prières ordinaires et extraordinaires, aveclesquellessouventesfois estoit conjoint le jeusne public, un nouveau ministre fut esleu et adjousté aux autres, nommé Estienne de Brulières, et furent dressées alors deux nouvelles églises fort belles, y establissant diacres et anciens, l'une au village d'Autry à deux lieues de Gyen, et l'autre à S. Gondon. »
Fatigués des capitaines et des compagnies qu'on leur envoyait et dont ils ne recueillaient que des ennuis, les habitants de Gien, d'Aubigny et de Ghàtillon-sur-Loire résolurent de se défendre eux mêmes au besoin, sans aucun secours étranger. Ils devaient se prêter réciproquement main -forte, et Gien devait leur servir de retraite principale. Cette alhance ne réussit pas « estant commise à gens mal entendus auiaict de la
guerre quoy voyans ceux de Gyen résolurent de se garder
par eux-mesmes, ayant de six à sept vingt chevaux, et deux cens bons hommes de pied, pour la conduite desquels leur fut envoyé par l'Amiral le sieur de la Bichonnière, gentilhomme, leur voisin, et qui s'acquitta très fidèlement de sa charge, gardant la ville en paix, jusques à ce que d'autres compagnies survindrent qui gastèrent tout. »
A la fm du mois de juillet 1562, le prince ayant demandé des secours de vivres et d'argent, on lui envoya (c 8000 sextiers que de froment que de seigle, prisés à la somme de 17 à 18000 francs ^ . »
Au mois d'août la peste commença à sévir à Gien, l'événement donnant raison aux ministres qui avaient souvent prédit que Dieu ne laisserait point impunies les dissolutions des gens de guerre et autres. Elle fut apportée par le capitaine Giperrine et
1. C'est sans doute de cela qu'a voulu parler l'abbé Vallet, lorsqu'il a dit (voy. ci-dessus) que les Giénois envoyèrent au prince pour soutenir la cause, 17000 septiers de blé et 18000 livres en argent.
sa compagnie, elles deux capitaines LaGotruièreetLeBoisdes Mérilles avec leurs cornettes. « hommes du tout débordés,» qui valurent h Gien, malgré les efforts des Giénois eux-mêmes, « le bruit d'estre une retraite de voleurs. » Trois prêtres, en particulier, furent fort maltraités par eux. L'un était un chanoine (( lequel ceux de la Religion n'avoient voulu chasser, combien que durant les grandes persécutions il leur eust esté grandement contraire, selon le pouvoir qu'il en avoit reçu de l'Évesque. » Son nom n'est pas donné. Les deuxautres prêtres se nommaient Etienne Ravier, et Pierre Ragonneau. Les protestants de Gien intervinrent en leur faveur, et réussirent à les préserver sinon de coups et d'insultes, du moins de la mort. Les ministres en particulier intervinrent « au grand danger de leur vie » en faveur du chanoine, et lui firent rendre ses meubles et habillements, et même « fut payée d'abondant une somme de deniers par ceux de la religion pour les rachepter ».
A propos de ces trois prêtres traités si mal, l'abbé Vallet donne les détails suivants que nous reproduirons en entier, ainsi que la note assez naïve dont il les fait suivre :
(ç II y a encore proche de l'église du Château, dit-il p. 153, un grand espace qu'on appelle le champ des martyrs, ou vulgairement dit le jeu des martyrs, attendu qu'on prétend que le capitaine La Borde y fit enterrer debout deux prêtres tout en vie, la tête hors de la terre, comme on verra qu'on le fit à la Bussière (V. plus loin), et que, ayant coupé la tête à plusieurs autres, il jouait ainsi à la boule avec ces têtes et le nez des deux autres enterrés en vie servait de but; et quand ce capitaine arrivait à ce but, il donnait des coups d'éperons sur le visage de ces deux chanoines, et les laissa ainsi mourir dans des tourments horribles. »
Voici maintenant la note dont l'abbé Vallet fait suivre le récit de cette fantastique boucherie de prêtres. Elle prouve que l'historien auquel nous l'empruntons était moins convaincu
peut-être qu'il n'eût voulu le paraître de l'authenticité de son propre récit : J'ai vu ce jeu des martyrs qui avait effectivement l'air d'un jeu de boule; il était le long des murs de la ville et d'une grosse tour qui sont tombés, et du côté de la Génabie. Il n'y venait point âJherbe, ce qui faisait dire au public que c'était parce que les chanoines y avaient été martyrisés : mais ayant été chanoine, mes confrères et moi nous y promenant trois fois par jour, en attendant V office, nç us savions lien pourquoi V herbe n'y venait pas. Ce lieu n'en était pas moins révéré par nous, et notre conversation roulait souvent sur les malheurs passés.
C'est nous qui soulignons, et ce sera notre seul commentaire. Il serait pourtant de notre droit d'examiner jusqu'à quel point la conduite de ces excellents chanoines était correcte moralement parlant, alors que pouvant d'un mot détruire des idées fausses, ils les laissaient au contraire s'accréditer, si même ils n'y aidaient pas. Mais, en vérité, il ne faut pas être si regardant!
Sur ces entrefaites on apprit à Gien que le roi en personne assiégeait Bourges. Aussitôt les Giénois rompirent une arche du pont qui les reliait au Berry. Peu après ils apprirent que, contre toute attente, Bourges avait été rendue par composition le 1" septembre. Le 10 septembre, ils reçurent une lettre du connétable annonçant que l'armée du roi arrivait, et ordonnant de préparer des vivres. L'assemblée de ville' décida qu'on s'excuserait de ne pouvoir le faire, et « pour ce qu'on savoit assez que telle response ne seroit acceptée, voyans d'autre costé que la ville n'estoit aucunement tenable contre une
armée si puissante il fut quant et quant résolu qu'un
chacun qui auroit moyen de soy-mesme ou par autruy se retireroit à Orléans ou autre part comme Dieu le conseilleroit. Suivant ceste résolution tous ceux qui avoient désir de se
1. Châtaignier dit : le peuple égaré par les ministres... (Vallet, p. 183.)
retirer pour éviter la fureur des ennemis qu'on disoit s'approcher, et surtout qui craignoient d'estre forcés en leur conscience, sortirent avec leurs nninistres, après les prières solennellement faites avec grands pleurs et gémissemens, et se trouvèrent de six à sept vingts hommes de cheval et environ trois cents hommes de pied : les riches traînans ce qu'ils pouvoient emporter de leurs meubles, et les pauvres portans leurs petits enfants entre les bras, et menans les plus grands par la main »
Les protestants de Gien se réfugièrent soit à Montargis sous la conduite du ministre La Vallée, soit à Châtillon-sur-Loire, soit à Orléans sous la conduite de L. Daneau. Celui-ci alla probablement demeurer chez l'un de ses parents, peut-être chez son oncle Antoine Brachet. Nous ne possédons sur son séjour à Orléans que les deux renseignements suivants. Dans une de ses lettres à Pierre Daniel, à ce moment-là malade à Paris, il l'engage à venir se remettre à Gien, et lui rappelle à cette occasion tous les soins dont lui et sa femme l'ont entouré alors qu'il était malade à Orléans pendant la guerre^ . En second lieu, la copie d'un acte passé le 15 janvier 1563, entre noble homme Michel Vallant, sieur de Bury, habitant à Orléans, et noble homme M" Lambert Daneau, « mynistre de la Parolle de Dieu, habitant à présent à Orléans ».
Le 10 septembre, les troupes du roi entrèrent à Gien, <k et il n'est point de cruauté, dit de Thou-, qu'elles n'exerçassent sur le petit nombre de ceux qui y étoient demeurés. On assure que les Italiens qui étoient au service du roi, animez par la haine, la fureur et la rage qu'ils avoient conçue contre les protestants, ouvrirent un enfant tout vivant et mangèrent son foye encore tout chaud ».