Molley, op. cit
2. Brandt, op. cit., 1, 174. « Les pieux et charitables évêqucs de Rome, continue Brandt, donnent ordinairement cette précieuse bagatelle aux princes chrétiens qui témoignent le plus de zèle pour l'Église, et qui lui rendent les services les plus importans. Si c'est la servir que de désoler les provinces, et que de faire couler des torrens de sang humain, personne ne méritoil mieux qu'Albe cette marque d'estime. »
3. Sur le nom de Gueux, voy. Ch. Paillard, Huit mois de la vie d'un peuple. Les Pays-Bas du premier janvier au premier septembre 1566. (Bruxelles, F. Hayez, 1877), p. 80, 86-93, et les notes 2 de la p. 87. et 1 et 2 de la p. 9l'.
geux mais trop cligne descendant du Sanglier des Ardennes, avaient pris le port fortifié de La Brille (i"" avril 157''2). Ce fut le commencement de la fin. Quantité de villes se soulevèrent alors contre la domination espagnole, et parmi elles, la ville de Leyde.
Leduc d'Albe et ses successeurs Requesens, Don Juan d'Autriche, le prince de Parme, n'eurent désormais plus qu'un objectif, celui de reconquérir per fas et nefas le terrain perdu.
Nous n'avons pas à raconter ici par quelles suites de circonstances, de succès, de trahisons, ils réussirent en partie. Les provinces wallonnes et llamandes, où la religion protestante avait jeté de moins profondes racines, et trouvé des adhérents moins nombreux ou moins fermes (les plus fermes étaient morts, ou en exil) rentrèrent peu à peu sous la domination espagnole.
Il n'en fut pas de même des provinces septentrionales où le protestantisme était dominant *. La Hollande, la Zélande et leurs confédérés devinrent et restèrent la république des Provinces-Unies. Etcertes, si, dans ce succès, une grande part doit être faite à l'héroïsme et à l'abnégation de leurs habitants, une grande part, aussi, doit être réservée au prince d'Orange, qui fut l'un des plus grands et l'un des plus honnêtes politiques du xvf siècle.
On vient de voir que la ville de Leyde avait secoué le joug espagnol à la suite de la prise de La Brille.
Les Espagnols voulurent lui faire payer cher cette audace. Une première fois ils l'assiégèrent, du 31 octobre 1573 au 24 mars 1574. Une armée de Louis de Nassau, qui arrivait aux frontières, et qu'il fallut repousser, les obligea à lever le siège.
Peu après la sanglante défaite de ce général à Mookerheyde (14 avril 1574), ils reparurent sous les murs de Leyde. C'était le
1. «11 était difficile, dit M. Molley, de ti'oiiver en Hollande ou en Zélande un seul catholique eu dehors des fonctionnaires du gouvernement >. Op. cit., UI, 301.
26 mai. Ce second siège, où les habitants de la ville mangèrent jusqu'aux feuilles des arbres et à l'herbe des rues, ne fut levé que le 3 octobre. Les Espagnols furent obligés de céder, vaincus à la fois par la constance des habitants, la persévérance du prince d'Orange, la flotte des patriotes, et l'Océan lui-memedont les Hollandais préférèrent l'envahissement au joug espagnol.
C'est à la suite de ces deux sièges que l'Université fut fondée au milieu de réjouissances de toutes sortes'.
Les habitants de Leyde, et certes, cela se comprend, tenaient beaucoup à leur Université. Ils ne reculaient devant aucun sacrifice ni aucun effort pour y attirer les hommes les plus éminents. C'est ainsi que lorsque Daneau arriva, Janus Douza était le président des curateuj^s de l'Université, B. Vulcanius était recteur, et parmi les professeurs se trouvaient Juste-Lipse, Hugues Doneau- et le célèbre orientaliste Jean Drusius.
En ce qui concerne la chaire de théologie, et bien que Brandt affirme que Gaspar Coolhaes, premier pasteur de la ville, l'a occupée quelque temps au début^ , le premier professeur en litre fut Louis Cappel de Moriambert. Appelé par Guillaume d'Orange, il aurait déjà été à Leyde, d'après la France protestante (HI, 207), le 8 février 1575, c'est-à-dire au moment où l'enseignement commença. Son séjour ne dura que quelques mois, et la même année il partait pour devenir aumônier dans l'armée de Jean Casimir K II eut pour successeur un autre Français, Guillaume Feugueray^ , de Rouen, que la Saint- Barthélemy avait chassé en Angleterre, de Longueville où
1. Elle fut soloniielleineiit ouverte le 5 févriei" 1575. Sur les réjouissiuices célébrées à cette occasion, voy. Motley, op. c/^,lll, 365-308. ;2. Lettre à Gaultier du 5 mai 1881, iv 19.