L. DAN.EUS P. Danieli suo in Christo S.P.D
De Gien, le l^^mai [1565] ^ Msc. n*' 588 des Archives
Nationales badoises à Carlsruhe''.
Sommaire. — Ne vous étonnez pas si je vous récris si lot sur le même sujet. Je ne doute pas que^vous ayez déployé le plus grand zèle en vue de l'impression de mes Commentaires [de droit]. Je voudrais savoir ce que deviennent mes traductions des traités de Tertullien. Je crains que vous n'ayez envoyé mes commentaires à Lyon, tandis que mon frère se chargerait de les faire imprimer à Laon (?)• — Je profite pour vous écrire du départ de quelques Giénois pour Paris. — Je vous recommande le porteur de cette lettre. C'est un jeune homme fort bien, qui se nomme Petit. Si vous pouvez lui être utile, faites-le. — Écrivez-moi bientôt. — Saluez Tnrnèbe. Nous vous saluons, ma femme et moi.
Nil mirere si pêne eodem tempore binas a me de re eadem litteras acceperis : facit enim desiderium ut etiam celeritas tua mora sit neqiie dubito quin omnem operam et studium tuum et diligentiain prœstiteris in procuranda coramentariorum meorum editione, sed tamen quia res non successit ex anirai vel tui vel mei sentenlia» ilerum scribo. Quid de versione mea de TertuUiano sit actum, prorsus ignoro, quando neque per amicos, neque per litteras tuas certior sum factus. Vereor ne tu Lugdunum miseris amici illius tui pi^ecibus victus, vel quod ejus pollicilationi lidem habueris, quia frater Danaeus, quem nosti, nuper lioc iter
1. L'année n'est pas donnée, mais il est facile de l'établir. Tout d'abord il y a un lien évident entre notre lettre et celles qui la précèdent, et un lien non moins évident entre elle et celle qui la suit. Or celle-ci suppose deux lettres antérieures rapprochées et roulant sur des sujets identiques. — De plus, et ceci est encore plus positif, nous avons vu, dans la lettre n° V (du i nov. 1564) Daneau faire saluer Turnèbe dans les termes suivants : Ego etiam Tiirnebum si auderem. Ici, il n'a plus ces hésitations. La lettre est donc postérieure. Or Turnèbe mourut le 12 juin 1565. Notre lettre ne peut par conséquent être que du 1" mai 1565.
2. C'est à rcxtrêmc obligeance de M. le professeur D^ IV. Gflss, de Heidolberg, que nous devons la connaissance et une copie de cette lettre.
faciens, et le invisere, et illa mea Commentaria édita cupiebat, litteras accepit a me, ut si vestri lypographi in edendo limidiores vel negligentioies essent, ipse ea Lauduni ' excudenda curaret; quod an feceris, nescio : neque vereor cum hoc ad te scribo, ne me in exigendo acerbiorem putes, scis enim qua animi yàzpyîv. aut potins <^()>«uTia nostra nos omnes amemus, et te etiam labellarionim inopia laborare puto, que fit ut neque tam sa^pe neque tam fainiliariler scribas quam velles * : sed quia de nostris civibus quidam ad vosproficiscuntur, qui cum primum ad nosredituri suntet litteras ad nos laturi, non existimavi occasionem praetermitt endam.
Hune ypcifiixor-orfôi^oj nomine Petit '% adolescentem ingenuum et probum, tibi commendo, ut si qua inre illi opéra tua erit opus, libenter prsestes omnia, quem si noveris, amabis, et eo poteris uti, si quas inposterum ad me litteras daturus es. Vale. Rescribes ad omnia, jampridem enim responsum tuum exspecto. Turnehum verbis meis saluta quam officiosissime. Ego et uxor te salutamus. Dat. Genabi ad Ligerira, Calend. Maiis. Tuus ad omnia L. Danjius. (Sans adresse.)
3. Latidunum, d'après Bouillet, était un des noms latins de Laon au moyen âge. — Nous n'avons sur Philippe Daneau presque aucun détail. Nous ignorons notamment ce qu'il allait faire à Laon. Il parait être passé par Paris en s'y rendant.
t. A chaque instant, non seulement dans les lettres de Daneau, mais dans les lettres de plusieurs Orléanais de cette époque, on trouve des observations du genre de t-elle-ci. En effet, les circonstances difficiles des Réformés les obligeaient soit à attendre des occasions spéciales pour avoir des messagers parfaitement sûrs, soit à une extrême réserve.
5. Le Livre du Recteur menlionne parmi les étudiants de l'année 1563 un Stephanus Parvus. Ce que Daneau dit ici du Petit doaiil parle {et eo poteris uti, si quas xn paterumad me litteras daturus es) ne nous parait pas permettre de supposer qu'il s'agisse du même. Ce pourrait être un frère.
P. Danieli suo L. DAN.EUS in Gliristo S.P.D. De Gien le 2 juill. [1565] ^ Cod. Bern. 141, 97.
Sommaire. — [Celte lettre est consacrée tout entière à faire à P. Daniel d'aimables reproches sur le silence qu'il persiste à garder malgré les lettres successives qu'il a dû recevoir, et à le presser de répondre enfin, et de mettre L. Uaneau au courant des différentes affaires qu'il sait devoir l'intéresser.]
Itane vei'o te tua illa foi^ensia negotia occupant et detinent, ut otium non supei-sit vel desyderium amicorum ? Itane statim nosti'i oblitus es, ut ne vei^bulum quidem sciuptum legamus? Vei'eor dicere, sed tamen perâ AwvSa Trap/SvjcrjaÇEcjOaj, pactis non statue fidemque dalam fi'egisse mihi videiùs, qui loties pollicitus te rcscripturum nihil tamen rescribas. Atqui hiec mea epislola neque una neque altei'a, sed ordine tertia est, ad quarum nullam, ita me Deus aniet, quod quidem sciam, respondisti. Trina denuntiatio ( onslituit te in tnora quro cerle si a dolo abest culpa tamen eaque gravissima non caret. Aul jam rescribe (quia hic fidus est tabellarius) aut te amicitiam nostram negligere atque spernere confilere. Qiiod postremum non magis esse optem quam me exulem. Sed quid dicam, quidve senliam, non habeo. Consumptie sunt enim omnes excusationes quas mihi meus in te animus suggerebat. Ac certe cum a fratre tuo non plus litterarum accipiam quam a te, loties autem scribam % conjurasse vos non dicam sed c-jyxpy)T((Tpôv intercessisse puto inter vos, ne quicquam litterarum amplius ad me daretis. de quo sum antea apud fratrem conquestus, nunc de eodem et de te ipso, mi Daniel, conqueror. Quœ mea querimonia ad te perveniat obsecro, sallem hune tabellarium sum obnixe precatus et si mihi in alia sed honesta tamen causa illud
1. Voy. lettre précédente, n. 1, et le début de la lettre suivante.
2. Daneau correspondait donc également avec Fr. Daniel. Il ne reste malheureusement aucune trace de cette correspondance, sauf la lettre ci-dessous N" XX, qui n'est pas, naturellement, visée ici. Vny. encore N" XXI.
— -sùi —
Phyllidis iisiirpare liceat, non venit ante suum nostra querela diem. Ilaque vide quid cesses ant quomodo te purges, quia apud
nulles etiam tibi addictissimos judices poteris quin ^ statini
causa cadas mihique in mearum litterarum Iriplum damneris (?).
Qui si ab eorum provoces (?) fiet illud sequeturque quod loties
audis pronuntiari et Vamendera. Rescribe, hœc summa est et quid de te luis meisque rébus cogites lac me quam primum certiorem. Vale. Ego et uxor te salutamus. Datum Genabi ad Ligerim VI. Non. JuU. Tluis H. addictus L. Danaeus '* .
Adr. A monsieur Pierre Daniel, advocat en parlement, demeurant a lescu de France, rue de la Harpe, à Paris.
P. Danieli togato L. DAN.KUS in Cbristo S.P.D. De Gien le 10 juillet, [1565] '. Cod. Bern. 141, 101,
Sommaire. — Enfia arrive une lettre de vous, et sans doute, c'est pour vous faire pardonner votre retard que vous y ave'z joint le présent qui l'accompagnait. — Ouel malheur pour tous les amis des bonnes études et pour tous ses élèves que [Turnèbe] soit mort. Mais que voulez-vous que je dise sur son trépas, que d'autres n'aient pas mieux dit que je ne ferais? — Vous avez eu tort de ne pas m'envoyer encore votre traduction d'Epiphane. Rien ne saurait m'intéresser davantage que de vous voir yous occuper de nos études Ihéologi((ues. — Je ne suis pas sans inquiétudes au sujet de ma traduction de Terlullien. 11 faudrait que, çl'une manière ou d'une autre, tout fût liai dans l'espace d'un mois, à partir de la réception de cette lettre. Parlez-en à Robert Estiennc, à Février, à qui vous voudrez. Quant à mes Commentaires de droit, faites-en ce que vous voudrez. Ils vous appartiennent. Saluez Robert Estienne de noire part.
Accepi tandem abs te literas, mi Daniel, quœ quanquam serge, gratissimae tamen fuerunt. Sed quo me in te excusando placabilio-
3. Les lacunes proviennent de ce que le papier a été rongé par l'humidité.
4. Au dos de cette lettre se trouvent quelques notes sans suite qui devaient servir à la réponse de Daniel.