‹ Lambert Lombard: peintre et architecteChapitre 6 sur 8 · Un portrait dessiné à la plume, signé Z. L. fecit · texte numérisé non relu

Un portrait dessiné à la plume, signé Z. L. fecit

7. Etude à la sanguine d'une main droite, dessinée très rapidement en grandeur naturelle, d'après le modèle vivant.

8. Une belle étude dessinée à la sanguine pour une figure de l'apôtre saint André; le personnage tient la croix en sautoir; la draperie, très étudiée, paraît dessinée d'après nature. Hauteiir 0"»26.

9. Dessin achevé d'une académie : un jeune homme qui n'a d'autre vêtement qu'un manteau assez court et qui lui sert beaucoup moins à se couvrir qu'à porter les fleurs recueillies dans les plis de la draperie. Ce charmant dessin a 0°>27 de hauteur. Signé La, Lo.

Je passe à la quatrième catégorie de dessins, ceux qu'il convient de considérer comme les compositions dessinées par Lombard pour ses confrères, les peintres verriers, les graveurs, sculpteurs, etc.

1. Un très beau dessin à la sanguine, malheureusement fort oblitéré. Il représente la Sainte Vierge et l'Enfant Jésus, entourés de sainte Elisabeth et d'une autre sainte, groupées au premier plan, tandis qu'au second plan, à gauche, ou voit trois figures de vieillards drapés; à droite, quatre autres personnages. Cette partie du dessin est très effacée.

Cette composition importante, dessinée avec beaucoup de soin, paraît avoir été destinée à la gravure; hauteur 0m23, largeur 0™49. Elle est signée : Lamèerius Lombard inventor.

Il paraît y avoir eu une date effacée aujourd'hui.

2. Composition représentant le Christ guérmani le paralytique. Croquis assez sommaire.

3. Série de huit lavis à l'encre de Chine, de forme ronde, représentant les épisodes de l'histoire de Tobie. Us sont numérotés daus leur suite chronologique de 1 à 8. Ces lavis semblent avoir servi de cartons pour de petits vitraux d'usage domestique, ordinairement peints en grisaille.

4. Un joli dessin allégorique, finement exécuté à la plume et lavé au bistre, représentant la ville de Eome.

Un génie ailé couronne une jeune femme assise coiffée d'un casque et tenant un bouclier à la main. Au haut du dessin on lit, en grandes lettres, le nom de EOMÂ; au bas se trouve la date de 1649.

5. Une fîgare d'Hercule tenant la maseae, dessin signé L. L. invenior,

6. La chaste Suzanne et les deux vieillards; lavis, contours à la sanguine.

7. Les quatre évangélistes, dessin au trait qui porte la date de

ËDfiD, je crois qu'un cerlaio nombre de figures isolées d'apôtres, de prophètes, etc., doivent être rangées dans la même catégorie de dessins.

Dessins conservés à l'Académie de Liège.

L'Académie de Liège possède une assez nombreuse collection de dessins d'artistes liégeois, réunie en grande partie par le chanoine Hamal, ce collectionneur zélé de toutes les épaves de l'art de son pays, et dont une série de portefeuilles ont été acquis au commencement de ce siècle par l'administration centrale du département de l'Ourthe. Bien que ce ne soient pas généralement des dessins de premier choix, il en est plusieurs qui ne manquent pas d'intérêt : 1" Un de ces croquis, fort curieux, portant la légende : La famille de maistre Lambert^ est particulièrement intéressant au point de vue de notre élude. On y voit, en effet, une famille réunie autour du foyer, où le pot au feu apparaît suspendu à la crémaillère. La composition est divisée en deux groupes. A droite, une jeune fille assise tient sur ses genoux un enfant, auquel une autre fillette, assise à terre, tend la main; un chien est couché derrière ce groupe. Du côté opposé, la mère et le père sont debout; ce dernier, vêtu d'u^ne blouse, ayant la tète couverte d'une sorte de bonnet

phrygien dont Lombard aimait à coiffer les figures de ses compositions, semble entrer dans Tappartement; il étend la main gauche vers le groupe que nous venons de décrire, en s*adressant à ses enfants. Un jeune garçon debout devant sa mère, s'appuie sur Tépaule de sa sœur. Celle-ci, assise par terre au premier plan, passe la main sur la tète d*un chien. Enfin, un chat forme en quelque sorte le trait d'union entre les deux groupes composant la famille (i). Ce dessin parait de la main de Lombard. Hauteur 215 millimètres, largeur 200 millimètres.

Nous continuons de décrire quelques dessins de cette collection en conservant les divisions adoptées pour le portefeuille de la collection d'Arenberg.

Deuxième catégorie, lo Dessiu sur lequel les figures sont groupées sur deux zones superposées. Dans la région supérieure : croquis d'un enfant; puis vient un groupe d'hommes, assez mouvementé : ils semblent fixer leur attention sur un objet qui se trouve en dehors de la composition. Dans la zone inférieure, Tartiste a dessiné trois groupes représentant chacun une mère avec son enfant. Ces croquis paraissent les premiers jets d'une étude pour une Vierge avec TEnfani Jésus. Dessiu au lavis à Tencre de Chine.

20 Groupe de femmes entourant deux enfants (l'Enfant Jésus et saint Jean). Derrière ce groupe, on voit des vieillards. Esquisse à la plume.

3^ Déposition de la croix. Un groupe nombreux de femmes s'empressant autour du corps du Christ étendu par terre. Leurs attitudes variées sont généralement trop véhémentes pour la scène que l'artiste a voulu rendre, mais elles sont bien dans son esprit. Dessin à la plume.

(i) M. J.-S. Renier a copié un fragment de ce dessin et a fait connaître la plupart des autres croquis de cette collection. Dessins d'artistes liégeois^ etc. Vervicrs, t874.

II n'y a pas de dessins que nous puissions ranger dans la troisième catégorie.

Quatrième catégorie. 1^ La Flagellation, Le Christ attaché à la colonne est fouetté par trois soldats. A g&uche de ce groupe, prenant une piace'aussi considérable que celui où figure le Christ, un prêtre en rochet, à genoux, dans l'attitude de la prière. Il est sous la protection d'un saint évéque, debout derrière lui, coiffé de la mitre, portant le rational et la crosse (saint Lambert?). Composition intéressante destinée sans doute à une peinture ou à un vitrail, dont le prêtre représenté est le donateur^ Il est signé : Lambertuê Lombardus, inventor,

2o Une série de 15 dessins de forme circulaire, reproduisant des scènes empruntées à l'histoire de Joseph et à d'autres épisodes de l'Ancien Testament. Ce sont de simples contours, assez sommaires, cartons de petits vitraux traités ordinairement en grisaille et destinés à des habitations privées. Il est douteux que cette série soit de la main de Lombard.

3o Composition très arrêtée, représentant le Christ à table entouré de convives qui ne sont pas des apôtres. L'un d'eux a la tête couverte d'un casque, trois autres sont coiffés d'une manière assez bizarre. Deux femmes apportent des mets et uu jeune homme verse à boire. La scène se passe dans une salle dont l'architecture en style de la renaissance est richement décorée de pilastres portant des arcades surmontées de frises, etc. Ce dessin est le plus achevé de la collection ; il est esquissé à la sanguine. Les contours sont arrêtés à la plume et les ombres sont indiquées au lavis à l'encre de jChine.

4<^ Trois femmes drapées, dont l'une tient un livre et l'autre une amphore; études pour des figures isolées Le croquis à la plume est signé Lamberius Lombardus,

h^ La Charité. La figure symbolique de cette vertu théologale est entourée de cinq enfants nus. C'est le premier jet d'une composition du maître gravée par Suavius.

ô*' Deux figures de profil. La première est un vieillard largement drapé tenant un livre; la seconde, une femme également drapée.

7** Une figure d'évèque et une figure d'apôtre tenant une coupe.

So Deux masques de vieillards. Les figures de. ces deux dessins ont été découpées en suivant le contour extérieur et collées sur papier bleu. 9® Apollon tenant une lyre et foulant aux pieds une hydre.

L'importante collection de dessins conservée à l'Académie de Dusseidorf en possède quelques-uns de Lombard qu'il convient de mentionner :

1. Dessin de neuf figures isolées; feuille de 0"21 sur 0°*29 de haut. Ce sont des figures de femme aux proportions excessivement sveltes, avec des têtes trop petites pour le corps. Elles sont drapées avec goût et les attitudes variées semblent accuser des études faites pour un tableau. Croquis à la plume, avec une encre bistrée. Les masses d'ombre sont au lavis d'une teinte verdâtre. Signé et daté : Lamhertus Lombard y 1557.

2. Dessin en hauteur de 0™36 sur 0™20, représentant Ze« hraéîiies recueillant la manne au désert. Scène très animée composée de vingt-cinq figures. Croquis où Ton retrouve toutes les hésitations d'un premier jet. On y remarque de jolis groupes rappelant la manière de Eaphaël, superposés les uns aux autres dans une perspective dont le point visuel est très élevé. Ce dessin, légèrement ébauché à la sanguine, est ombré de crayon noir; les contours sont arrêtés à la plume; c'est très probablement un projet de peinture. Le format permet de croire que c'était le volet d'un triptyque.

3. Dessin représentant la Bs^urrtction de Lazare^ de 0^28 de haut sur 0"*38 de large. Composition de vingt-sept figures, très joliment achevée à la plume et ombrée au lavis d'une teinte bistrée. Malgré le fini du dessin, on y reconnaît cependant encore le premier jet de la pensée de l'artiste, car des groupes entiers ont été modifiés ou ajoutés à l'aide de morceaux de papier collés; plusieurs de ces repentirs sont redessinés à la sanguine. Quelques-unes de ces figures sont pleines de caractère et accusent bien le style particulier du maître. On y remarque surtout le Christ posant la main sur l'épaule de Lazare, ainsi que la figure d'un fossoyeur appuyé sur sa bêche, que l'on voit du dos.

Ce dessin a été gravé par H. Cock. Toutefois, la planche un peu

dure de ce graveur ne reproduit pas un groupe ajouté au dessin original au moyen d'un morceau de papier collé après coup.

4 . L'évanouissement ou la pâmoison de la Sainte Vierge au pied de la croix. Le dessin mesure 0m21 de haut sur 0"29 de large. Composition un peu tapageuse, où quatorze figures s'empressent autour de Marie, cherchant à la soutenir et à lui porter secours avec beaucoup d'animation et un luxe de gestes énergiques peu en situation. Fragment d'une composition largement et facilement esquissée. Le trait est ébauché à la sanguine et les contours sont ensuite fixés à la plume; ombres légèrement lavées à la plume. Signé et daté de l'an 1562 : Lamhertus Lombard, fecit et inventor (i ).

Le sujet traité et la date nous portent à croire que c'est le fragment d'une composition sur laquelle nous allons revenir, et qui reçut seulement l'année suivante sa forme définitive par un triptyque destiné à l'une des chapelles de l'église Saint-Jean-l'Évangéliste, à Liège, où le chanoine Tornaco, donateur du triptyque, avait sa sépulture.

La même collection possède un dessin qui, sans être de la main du maître, n'en est cependant pas moins intéressant au point de vue de notre étude. C'est le portrait de Lombard très finement dessiné, et probablement destiné à la gravure. Le peintre est vu de trois quarts, à mi-corps, tenant la main gauche dans son manteau; c'est le type énergique et intelligent du petit portrait gravé par Hubert Goltzius que nous reproduisons. Dans le catalogue de la collection Krahe, d'où ce dessin provient, ainsi que les quatre autres qui viennent d'être décrits, il est attribue à Giorgio Ghisi ; nous sommes disposé à le croire de la main de Lampsonius.

(0 V. sur ces différents dessins notre étude : < Quelques travaux de Lambert Lombard, » publiée dans V Annuaire de la Société libre d^ émulation de Liège ^

Il coDvieDt de rappeler ici un dessin donnant d'une manière complète la composition de 1552 conservée à Dusseldorf, qui, selon nous, n'est qu'un fragment.

Nous voulons parler d'un dessin représentant la Déposition de la croix^ qui fait partie de la collection de M. H. Duval, à Liège. Lombard dans ce second dessin apporta d'importantes modifications ; notre planche en donne une reproduction fidèle qui nous dispense d'une longue description.

La composition est divisée en deux zones. Dans la partie supérieure, se détachant sur le ciel, on voit le corps du Christ descendu de la croix soutenu par un personnage qui a les pieds appuyés sur l'une des échelles posées contre la croix, et reçu par un groupe de quatre figures. Dans le fond, à droite de celui-ci, un vieillard assis et un jeune homme à la chevelure bouclée qui représente peut-être saint Jean, semblent engagés dans une controverse. Dans la région inférieure, au bas du Calvaire, la Vierge Marie est tombée en pâmoison. Les saintes femmes et d'autres personnages, parmi lesquels il n'est pas aisé de reconnaître une figure historique déterminée, s'empressent autour de la Mère de Jésus et prennent part à sa douleur. Ce groupe, dans lequel se trouvent plusieurs figures savamment drapées et d'un sentiment profond, est d'une grande beauté. Hauteur OmSi sur 0n41. Il est signé et daté Lambertus Lombard fecit et invenior 1553.

C'est l'un des dessins du maître les plus remarquables qui nous soient connus. Nous y voyons la composition arrêtée de la partie centrale du triptyque que Lombard a exécuté pour le chanoine de Tornaco, dans l'une des chapelles de l'église Saint-Jean, en 1553. La forme cintrée du haut de la composition, comme le sujet qu'elle traite, ne semble pas laisser de doute à cet égard. Ce dessin provient de la collection du docteur Lombard.

M. le baron de Ghestret de Haneffe possède un fort joli lavis de Lombard daté de 1 847 et représentant l'Ascension du Christ. Les apôtres, dispersés dans un paysage, assistent à l'ascension du Sauveur dont, suivant la donnée traditionnelle de la période gothique, on ne voit plus que les pieds.

Ce dessin est exécuté sur papier de couleur et rehaussé de blanc. Il est traité avec beaucoup de sûreté et ne parait pas être le projet d'une peinture.

Une collection considérable (75 pièces) de croquis, d'études et de dessins attribués pour la plupart à Lombard ajuste titre, se trouvait, il y a quelques années, au château de Kinkempois (i) ; voici les pièces les plus considérables de ce portefeuille; nous les divisons suivant le classement que nous avons adopté :

Première catégorie, 1. Trois femmes drapées à l'antique, dansant ou volant, accompagnées de deux petits génies. La première tient de la main droite une corne d'abondance et de la gauche une amphore. La seconde paraît dompter un taureau ; la troisième tient une palme et une pomme (?). Entre les deux dernières figures, aux draperies volantes, se trouvent deux génies dont l'un est ailé; ce dernier porte une massue, l'autre une torche et un anneau. Le style des figures permet de croire que ce croquis à la plume a été fait d'après un basrelief antique. Il est signé Z. Lombard,

2. Croquis d'architecture; un fragment de coupole divisée en panneaux décoratifs, et une coupole surmontée d'une galerie.

3. Danse d'Apollon et des neuf Muses; croquis à la plume. Cet ensemble très mouvementé paraît avoir été crayonné rapidement d'après un bas-relief.

(<) Lorsque nous avons étudié cette collection, elle appartenait à M^<^ la vicomtesse de Clérembault; v. notre Histoire de la peinture au pays de Liège ^ p. 140.

Deuxième catégorie. Inventions de Lombard pour les travaux exécutés par lui-même :

1. Le Ghriët au jardin des Oliviers, La partie supérieure du dessin est déchirée. Le Christ, au centre de la composition, la tête tournée vers la droite, étend les mains avec un geste de résignation ; devant lui l'ange, dont on ne voit qu'un pied et un bout de draperie, le reste ayant été enlevé. A gauche, au premier plan, saint Pierre dormant. Il est assis, la main appuyée sur une pierre ; très belle figure.

Derrière le Christ, saint Jean couché, de son long, une pierre lui servant d*oreiller; plus loin saint Jacques, dans une attitude assez tourmentée, est à moitié assis, à moitié couché. Enfin, au fond de la composition, on voit à la porte du jardin Judas avec une troupe de soldats. Beau dessin à la plume, les ombres légèrement lavées au bistre, lumières rehaussées de blanc.

2. Esquisse pour une composition du sacrifice d'Abraham; Tange arrête le patriarche au moment où, levant le glaive, il va frapper son fils et accomplir le sacrifice. qui lui est demandé. Dessin à la plume et rehaussé d'une teinte de bistre dans les ombres; la figure principale est pleine de mouvement et de vie. Le dessin porte la date de I56I.

3. Cinq croquis à la plume de petites dimensions, représentant le Christ à la colonne, flagellé par ses bourreaux. Ce sont les premiers jets de la pensée de l'artiste ; la diversité des groupes et des attitudes que lui suggère son imagination est remarquable.

4. David recevant V onction royale, A genoux, les mains croisées sur la poitrine, le jeune roi reçoit Thuile que le prêtre répand sur sa tête. Derrière ce groupe, un char traîné par des chevaux. A gauche un groupe de guerriers assiste à la cérémonie. Dessin légèrement teinté à Tencre de Chine; sur une petite tablette on lit au bas la date de 1551.

5 . Deux dessins esquissés à la sanguine avec beaucoup d'habileté ; premier essai d'une composition représentant le Christ lavant les pieds des apôtres.

6. Deux compositions représentant le Christ descendu de la croix;

Tune est très légèrement ébauchée à la plume ; Tautre plus achevée a été tracée à la sanguine, puis arrêtée à la plume. De nombreuses figures s'empressent autour du Christ.

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