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n'hésite pas; certes, sa volonté n"cst pas ébranlée un moment; mais le trouble envahit la partie inférieure de son être, il est Ivisle jusqu'à la mort, en proie à des angoisses, aune agonie plus terrible que le supplice même qui suivra.
Et il ne la cache point, ne la dissimule point; il veut, au contraire, que ses disciples en soient témoins, qu'ils en gardent le souvenir, aOn d'y trouver un appui dans les involontaires défaillances de la chair, lorsque pour eux aussi viendra le jour du sacrifice.
Egalement éloigné de toute faiblesse et de tout faste, il laisse tranquillement s'accomplir ce qui doit être accompli en lui; il s'abandonne à ses ennemis, sans proférer une plainte. Sachant que sa mort est résolue, il se tait devant les accusateurs, car ce n'est pas la vérité que les juges cherchent, mais un prétexte, quel qu'il soit, de le condamner.
Cependant, lorsqu'ils l'interrogent sur ce qu'il est et sur sa mission, il rompt le silence; car, sur ce point, il doit la vérité au monde, il la doit à ses ennemis mômes. Mais cela dit, il se tait de nouveau.
Le reste, son sang le dira; il en sortira comme une voix qu'entendra toute la terre : voix douce pour les faibles, les afiligés, les opprimés, qu'elle relèvera de leur déchéance; formidable aux puissants, dont olle brisera l'orgueil...
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CIlAPlTIiK XXVII Passion du Christ {Suite)
La Passion de Jésus, c'est Thistoire et la prophétie, ce qui fut, ce qui est, ce qui sera, le tableau complet du grand sacrifice qui a commencé avec le genre humain et durera autant que lui, perpétuellement renouvelé pendant la suite des âges, jusqu'à ce que le salut soit accompli.
Car le salut, c'est le développement de la vérité et de lamour dans le monde; et quiconque, en aucun temps, viendra concourir à cette divine évolution de la vie, combattre le règne du mal pour établir le règne de Dieu, rencontrera les mêmes obstacles, les mômes haines implacables, les mcm:s envies, les mêmes calomnies, les mêmes colères, et soufïrira comme a souffert Jésus.
L'hypocrisie lui tendra des pièges, et, par mille ruses infâmes, trompant la multitude, pervertira passagèrement, au milieu des vérités dont elle l'environnera, sa conscience séduite.
Alors, ce sera le temps de la violence. L'envoyé du Père verra se soulever autour de lui les flots d'une mor furieuse.
Ceux qui, la veille, couraient au-devant de lui, en chantant Ilnsanna, l'outrageront et le maudiront. Trahi par les uns, renié par les autres, à cause de la pour (|ni \o<> aura saisis, (h'iaissé de tous, il res-
20 V AI'l'E.NDICES
lera seul avec son âme, et son ùme, même troublée, déraillante dans l'angoisse et dans l'agonie, demandera que ce calice, s'il se peut, s'éloigne d'elle.
Fils de l'homme, bois, bois jusqu'à la lie; le salut est au fond de ce breuvage.
Mais voici venir les Caïphe, les Hérode, les Pilate... Il se sont ligués contre lui; car que sontils, sinon le passé, sinon ce qui s'éteint, ce qui doit mourir, pour que l'avenir naisse, ce que le genre humain, dans sa marche, laisse derrière lu' le matin, comme les débris du campement de la veille? Lors donc qu'une voix s'élève, qui presse le peuple de plier ses tentes, pâles de crainte, ils s'eflorcent d'étoulfer cette voix ennemie.
Et, suivant leur pensée aveugle, que faut-il pour cela? Quatre clous et une croix. Cela se trouve toujours; ils ont vaincu : et la victoire, qu'est-ce? Trois jours de silence dans le tombeau.
Puis, le tombeau s'ouvre, et le crucifié, se dégageant de son linceul, prend possession du monde que sa parole régénérera.
CUAriTRE xxviii Mission du Christ continuée par celle des Apôtres
Ce que Jésus était venu pour faire, il l'a fait : au monde qui se mourait, il a prêché la doctrine
liKKLEXION? SUR LES ÉVANGir.KS 2!)5
qui devait le sauver, il l'a scellée de son sang; sa mission ici-bas est désormais terminée; celle de ses disciples commence.
Ils s'en iront par toute la terre annonçant la parole de vie, enseignant aux nations la loi nouvelle, complément de l'ancienne et son accomplissement parfait, leur apprenant à garder tout ce que Jésus a commandé; c'est-à-dire, comme luimême il l'avait expliqué tant de fois, à aimer Dieu, à aimer le prochain, et, par ce double amour, réaliser l'union intime des hommes entre eux et avec leur Père qui est dans les Cieux.
Ainsi se formera la vraie société que l'Evangile appelle le royaume de Dieu, parce que tout s'y ordonne selon ses volontés, réglées elles-mêmes par ses lois éternelles.
Et comme, pour entrer dans cette alliance sainte, il faut que l'àmc se i)urifie de ses vieilles souillures, de toutes les corruptions du passé, le baptême de l'esprit, qui renouvelle l'homme intérieur, devra reproduire en chacun la régénération dont reflet sera de transformer le monde. Le baptême extérieur, le baptême d'eau, en est le symbole en môme temps qu'il est le signe de l'admission dans la société des enfants de Dieu, des frères du Chrisl, de l'acquiescement à sa loi, de l'adhésion à sa doctrine.
C'est pourquoi il est dit : u Allez et enseignez toutes les nations, les baptisant nu nom du Père
et du Fils et du Saint-Esprit », au nom de Celui qui est tout ensemble, dans son unité indivisible et infinie, Puissance, Intelligence, Amour.
Et cet enseignement durera jusqu'à la consommation du siècle, parce que le mal ne sera pas détruit auparavant, parce qu'il sera constamment nécessaire de rappeler les hommes à la connaissance du vrai, à la pratique du bien; et jusqu'à la consommation du siècle, le Christ sera tous les jours avec ses disciples enseignant sa loi, parce qu'il y a, dans la loi du Christ, dans l'esprit que le Christ a communiqué aux siens, une invincible force, une vie impérissable qui est celle de Dieu môme.