‹ Lamennais à La ChênaieChapitre 28 sur 42 · ÉVANGILE SELON SAINT MARC · texte numérisé non relu

ÉVANGILE SELON SAINT MARC

CIIAI'ITRE pr.EMIER

Jésus, venu pour sauver tous les hommes, ne sauve que ceux qui veulent être sauvés

Les Évangélisles insistent tous sur les guérisons opérées par Jésus, parce qu'elles caractérisent d'une maniiîre sensible la mission du Christ venu pour guérir l'iiumanité malade. Il s'émeut de compassion à la vue des infirmités, des langueurs du corps, emblème des langueurs, des infirmités de l'âme.

Ces malheureux que la fièvre tourmente, ou que les démons possèdent, ces lépreux, ces aveugles, qu'est-ce, sinon les hommes et les peuples sortis des voies de l'ordre, plongés dans les ténèbres et la corruption, dominés par l'esprit du mal"?

Au temps où vint Jésus, il avait envahi la société entière, les mœurs, les lois, les institutions. La Rome des Césars, devenue la capitale du monde, était comme le centre d'une immense orgie.

La religion, chez les Juifs, réduite à de vaines

2(J8 AITEMMCKS

formes, avilie et dégénérée, avait perdu sa force réprimante, sa puissance morale. Lo matérialisme des Sadducéens, les superstitions dos Pharisiens, leur hypocrisie avaient ruiné la base de tout ce qu'elle contenait de salutaire et de vrai.

Il fallait que l'édifice religieux fût reconstruit sur de plus solides et plus larges assises, pour que les nations, préparées par le baptême de la pénitence, régénérées par celui de l'esprit, y trouvassent la guérison des maux si profonds, si multipliés, si divers, qui menaçaient la vie dans sa source môme.

Mais le salut que le Christ annonçait et qui, i)Our s'accomplir entièrement, exigeait le long travail des âges, devait, en chacun de ces âges, et dès le commencement, produire ses fruits en chaque homme de bonne volonté, en quiconque, croyant à refficace de la vertu divine, voudrait sincèrement être guéri.

C'est là ce qu'indiquent les Evangiles, en rappelant si souvent les œuvres que Jésus opérait.

Toutefois, on doit encore lire dans ces récits une autre inslruclion. La guérison des maladies de l'âme ne vient pas uniquement du Médecin céleste, de sa seule action indépendante de celle de l'âme elle-même. 11 est nécessaire qu'elle concoure à son propre salut, car Dieu l'a faite libre, et, sans la liberté, impuissante au bien, impuissante au mal, elle serait semblable à la brute qui ne répond d'aucun de ses actes.

C'est pourquoi, après avoir dit que les habitants deCapharnaum amenaient à Jésus tous les malades et tous ceux que le démon possédait, saint Marc n'ajoute pas qu'il les guérit tous, mais qu'il guérit plusieurs malades et chassa plusieurs démons.

Tel est encore, tel sera toujours l'eiret de la parole de Jésus. Redite de siècle en siècle, elle agit suivant les dispositions de ceux qui l'entendent; elle guérit ceux qui veulent être guéris, elle sauve ceux qui veulent être sauvés, et ceux-là seulement, car thomm-^a été mis entre les mains de son conseil.

CUAPITRE II

Renouvellement

Toutes les paroles du Christ ont un sens profond. « On ne coud pas, dit-il, une pièce de drap neuf à un vieux vêtement; on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres. »

Les vieilles outres, ce sont les sociétés usées par le temps, dissoutes par la corruption, qui n'ont plus de force ni de consistance. Le vin nouveau, c'est la nouvelle effusion de l'esprit qui doit ranimer le monde. Les sociétés vieillies n'en sauraient supporter l'action; elles se rompent et le laissent écouler; il faut, pour le conserver, pour qu'il serve aux besoins des hommes, de nouvelles sociétés, des outres neuves.

■ilU AI'l'li.NDICIilS

Ceux-là donc se trompent étrangement (lui, aux époques où se renouvelle la vie de riiumanilé, croient pouvoir renfermer celle vie nouvelle, ce vin nouveau, dans des vaisseaux caduques, des institutions décrépites. Ils ne font qu'en hâter la dernière destruction, et il n'y aurait qu'à s'en réjouir si, parcelle tentative insensée, ils ne privaient les autres et ne se privaient eux-mêmes du bienfait divin.

La sève du printemps ne monte point dans les feuilles qu'a séchées l'automne.

Croyez aux enseignements du Christ, croyez aux exemples que vous ont donnés ses disciples. Estce que sa loi eût pu germer, se développer dans le sein de la synagogue?

La synagogue, c'est le passé, la vieille outre, le vieux vêtement. Tous les vêtements s'usent... Le Père céleste, lorsque Ihivera passé sur ce qu'avait vivifié le soleil, renouvelle le vêtement de la terre.

ClIAI-ITIil' 111

La vie dans l'amour

La société juive, i)oliliquement ruinée par les liomains, n'existait, désormais, que dans le temple, et la corruption, la superstition, qui détruisaient la loi par des interprétations dérisoires, la réduisant à des formes stériles, à une lettre mortes

avaient profané le temple même. Alors Jésus vient renverser ce temple que Dieu n'hahilait plus; il vient bâtir un temple nouveau, fondor une sociélé nouvelle.

Comment accomplira- t-il cetle «ruvre d'où dépend le salut de l'avenir? Cherchera-t-il un appui parmi les ministres de l'ordre ancien? Raltachera-t-il son autorité à leur autorité ?

Non, il se sépare de ce passé. Fort de sa foi, de la vertu qu'il sent en lui, qui le pousse à remplir sa mission, il parle, agit, au nom de Dieu seul.

Mais est-ce vraiment Dieu qui l'envoie? Où en est la preuve? Dans ce qu'il dit, dans ce qu'il fait, dans linslinct de la multitude, dans l'écho que sa voix éveille au fond des cœurs simples et droits.

Il ne relève que de l'Esprit dont l'inspiration le guide. C'est pourquoi il enseigne comme ayant puissance et non comme les scribes. Mais il faut que son enseignement se propage et se perpétue. Que fera-t-il pour cela? Qu'a-t-il autour de lui ? Ni savants, ni riches, ni gens en pouvoir; de pauvres hommes du i)euple, artisans, pêcheurs. Il en a[tpellc douze, ceux qu'il veut, et les charge de répandre sa doctrine, d'amener à lui le monde.

Ainsi s'opère tout ce qui est grand, tout ce qui est saint, tout ce qui doit durer. Le mouvement ne l)art point de débris inertes ; la vie n'émane point des sépulcres où pourrissent les morts, mais de qui la possède en soi.

Or la vie, c'est l'amour; et voulez-vous savoir à quel signe se reconnaît l'amour, l'amour qui ranime les peuples éteints et l'humanité défaillante? Voulez-vous savoir oii il est? Dansl'ùme de celui qui, portant ses regards sur tous les hommes et prêt à mourir pour les sauver, peut dire devant Dieu : Voilà via mère et ina sœur el mes frères.

CUAPITRE IV Le Semeur

Quiconque veut répandre la bonne parole doit, s'oubliant lui-même, ne regarder qu'une seule chose : l'accomplissement du devoir qu'il se croit appelé à remplir. Car, s'il se recherche à quelque degré; si, pour persévérer dans son œuvre, il a besoin d'en voir le fruit, il ne tardera pas à se lasser, il succombera bien vite au découragement.

Lorsqu'on vient annoncer la vérité aux hommes, les presser d'obéir à la loi de l'amour qui ordonne de renoncer à soi pour se fondre en autrui et y retrouver une vie plus puissante et plus abondante, on rencontre d'abord toutes les passions humaines qui se soulèvent contre cette loi et la repoussent violemment. Vous demandez au faible des efforts, au riche le détachement de la richesse, à l'ambitieux de s'cflacer, à l'orgueilleux de se faire petit, au sensuel de vaincre ses convoitises,

à tons un long et rude labeur; comment seriezvous écouté?

Ce qui étonne, ce n'est pas que la semence du vrai, du bien, soit étouflée dans le monde ou s'y dessèche presque aussitôt, c'est qu'une partie de celle divine semence y trouve, çà et là, un peu de bonne terre où elle fructifie. Mais, dans ce peu de bonne terre, elle pousse des racines si profondes que rien n'en saurait arrêter la croissance. Elle élève sa tige, étend ses rameaux, préparant aux oiseaux du ciel, aux plus frêles créatures, un doux ombrage et un lieu de repos.

VA ceci, ce n'est pas l'homme qui le fait ; il ignore même comment s'est opérée cette œuvre merveilleuse. Il a semé, voilà tout; et de jour, de nuit, par un secret travail, inconnu de lui dans ses voies, la semence a germé, s'est développée, est devenue ce qu'elle devait devenir.]

Semez donc, mais en esprit de foi ; semez, mais en sachant que vous semez pour un temps que vous ne verrez point. La plante céleste croîtra, mais son ombre ne recouvrira que vos cendres.

Qui demande plus aime pour soi, et non pour Dieu, et non pour ses frères.

La parole de Jésus, fructifiant de siècle en siècle, a changé le monde, et, dans l'universel abandon, sur la croix, son dernier mot fut : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi inavez-vous délaissé?

:il i AI'I'EMJICES

CIIAl'ITlili: V

L'esclave de ses passions

Les hommes livrés à leurs convoitises olîrent le spectacle enrayant d'une véritable aliénation. Ils ne se poss(Menl pas eux-mêmes, ils sont possédés par l'esprit du mal, l'esprit immonde, qui peu à peu leur ôte tout usage de leur liberté! Uien ne peut plus les contenir, ils brisent toutes les chaînes que leur imposent les lois humaines, la conscience humaine, et disent à Dieu mrmc : Qu'y a-t-il entre loi et moi?

Et il est bien vrai qu'entre ces créatures dégradées, descendues au-dessous des bètes, parce qu'elles sont descendues au-dessous de leur nature, on ne saurait découvrir par quel lien elles pourraient être unies à l'Auteur de Tordre, à l'Auteur de la vie et des lois de la vie.

Aussi leur demeure n'est-ellc plus la demeure des vivants; elles habitent les sépulcres, plus mortes dans leur âme, plus pourries que les cadavres qu'ils renferment, toujours inquiètes, toujours en un llévreux mouvement, parce que loujours la l'aim les tourmente, elles errent en poussant de grands cris, les cris d'une indicible angoisse, appelant sans cesse une nouvelle proie ([ni ne les rassasie jamais.

Etrange misère! Et cependant, loin d'en vouloir

Hl';i"LEXlO.NS S LU LDS KVANGILLS :i I 5

sortir, d'essayer de remonter, elles aspirent à descendre encore, elles envient les pourceaux, elles disent : Plutôt que de quitter cette région, envoyez-nous en eux. La Justice sévère, la Miséricorde vaincue leur dit : Allez.

Le reste se passe au fond de l'abîme, et n'a pas de nom dans la langue dos hommes.

CUAITIHE VI

Liberté apostolique

Après l'esprit de dévouement et de foi, d'inébranlable foi, la première condition de l'apostolat est l'indépendance, et la mesure de l'indépendance est celle du détachement de soi et de tout ce qui se rapporte à soi. Quiconque craint ou désire quelque chose de la terre n'est pas libre; il y a en lui un point oh l'on pourra toujours sceller une chaîne.

Toute possession lie l'âme, tout ce qu'on recherche au-delà du simple besoin présent l'entrave dans l'ordre de l'apostolat; et les besoins mêmes doivent être réduits aux strictes nécessités de la nalure, sans quoi ra[)ùtre tombera plus ou moins dans le servage de ceux au-dessus desquels il doit s'élever pour accomplir sonunivre.

Celui qui se soumet aux hommes, s'est auparavant soumis aux choses, selon la remarque profonde d'un ancien. C'est pour(|Uoi Jésus veut que

ses disciples, en allant annoncer la parole qui doit renouveler le monde, s'affranchissent de tout ce qui les rendrait, à quelque degré, esclaves du monde.

Des sandales, une tunique, un bâton, il leur défend de prendre rien de plus, ni sac, ni pain, ni argent dans leur ceinture. Le reste leur sera donné comme aux oiseaux du ciel qui trouvent chaque jour la pâture de chaque jour que leur a préparée le Père céleste.

C'est ainsi qu'ils doivent apparaître au milieu des peuples, et c'est à ce signe que les peuples les reconnaîtront. S'ils ne confirmaient pas leur enseignement par leur exemple, s'ils vivaient de la vie de la chair, en appelant les hommes à celle de l'esprit, qui les écouterait?

Leur puissance est dans le renoncement à tout ce que les sens convoitent; caries convoitises, ce sont les maladies qu'ils viennent guérir, les démons qu'ils viennent chasser, et, pour guérir les autres, il faut dahord s'être guéri soimême; pour chasser d'eux l'esprit mauvais, il faut n'être pas soi-même sous son empire...

CUAPTTIŒ VIT

Traditions pharisaïques

La réforme de l'homme intérieur, c'est ce que Jésus veut opérer, en cela contraire aux Phari-

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siens qui s'attachaient aux purs dehors. Il leur reproche d'avoir aboli le commandement de Dieu par leurs traditions.

Quand l'esprit de vie se relire de ceux qui sont chargés de le répandre; quand les institutions, ayant perdu leur vigueur primitive, penchent vers leur fin, il arrive deux choses : on multiplie les cérémonies, les rites, les pratiques extérieures, et on leur attribue une etTicacilé chimérique, persuadant aux hommes qu'elles suppléent les vertus réelles et dispensent de l'accomplissement de la loi véritable. Alors il se forme, au sein des sociétés soumises à ce fatal enseignement, comme une fausse conscience. On voit des peuples entiers conserver avec zèle je ne sais quelle foi spéculative, et croupir tranquilles dans l'oubli des devoirs les plus saints, dans une corruption si générale (pie rien presque ne s'y dérobe. Ils se lavent les mains, avant de manger le pain du corps, ils purifient les vases de terre et les vaisseaux d'airain, insouciants des souillures de l'àme. Le cœur est laissé à lui-nirme, et du cœur sortent en foule les vices dont Jésus fait Teflrayante énumération.

Lui, par une doctrine opposée, dit : Descendez dans le cœur pour en arracher toute racine mauvaise. Qu'importe le dehors? C'est au-dedans qu'est le bien et qu'est le mal.

Voilà ce qu'enseigne le Christ. Qui donc enseigne autrement n'enseigne point selon le Clirist,

rilS Al'l'ENUlCliS

n'est point le disciple du Christ. Il abuse de son nom pour tromper les hommes; il est de ces faux apôtres dont le Clirist lui-même a dit. « Gardezvous de ceux qui viendront à vous couvprls de peaux de brebis et qui au-dedans sont des loups rapaces ».

Et encore : « Tous ceux qui disent, Seigneur, Seigneur », qui prient des lèvres, et demeurent dans le mal par le fond de leur volonté, u n'entreront pas dans le royaume des cieux. »

r.ii.M'niîE viii La Croix, fardeau léger

Jésus appelait à lui les hommes disant : « Venez à moi, vous tous qui ployez sous le faix du travail, et je vous ranimerai, et vous trouverez le repos de vos âmes : car mon joug est doux et mon fardeau léger. »

Puis, voilà que, convoquant le peuple avec ses disciples, il leur déclare que quiconque veut le suivre doit se renoncer soi-même, et prendre sa croix, et la porter, à son exemple, jusqu'au Golgotha, s'il le faut, perdant son âme pour la sauver. Est-ce donc que le Christ se serait contredit? Estce (ju'il aurait, selon ses pensées du moment, parlé, comme au hasard, en un sens et un autre sens?

HlirLDMONS SLK LES KVANGILKS ^21'.»

Non, certes, et il est vrai que son joug est doux, son fardeau léger; et il est vrai aussi, qu'à moins de se renoncer soi-même, à moins de prendre et de porter sa croix, on ne le saurait suivre dans la voie qu'il a ouverte aux hommes.

Car, vivre pour ses frères, se dévouer à eux, n'est-ce pas renoncer à soi? Car s'engager à vaincre l'orgueil, la cupidité, l'avarice, la sensualité, la mollesse, tous les penchants vicieux, toutes les passions mauvaises, n'est-ce pas prendre sa croix? N'est-ce pas la prendre que d'accepter les oppositions, les persécutions que rencontre constamment quiconque, animé de l'esprit de Jésus, travaillera comme lui à établir le règne de Dieu dans le monde?

Voyez, après tant de siècles, où ce monde en est encore!...

Et que doivent attendre de lui, de sa haine pour tout ce qui menace la puissance du Mauvais auquel il est livré, les disciples du Fils de l'homme? Oh! oui, s'ils veulent le suivre, il faut qu'ils prennent la croix. ,

Mais la croix elle-même est le fardoau léger, le joug plein de douceur promis à tous ceux qui viendront à Jésus. Car quoi de plus doux que la paix du coHir, la conscience du devoir rempli, des combats soutenus pour détruire le mal? Quoi de plus doux que de se donner, de plus doux que l'amour, de plus doux que la croix imposée par l'amour?

Heureux donc, heureux ceux qui la prennent, qui l'acceptent de Jésus, comme Jésus l'accepte du Père; car ceux-là peuvent dire : Je vn, non plus 7noi, mais Dieu en moi. (Saint Paul '1"'.)

CIIAI'ITRE M Mission du Christ

En chassant les vendeurs du temple, Jésus agit comme ayant puissance; c'est pourquoi les dépositaires de l'autorité établie lui demandent d'où vient la sienne, de qui il lient le pouvoir de réformateur qu'il vient d'exercer?

Que leur répond Jésus? Il ne dit point : Je suis le Messie annoncé à vos pères; c'était cela môme que l'on contestait. Il les interroge sur Jean- Baptiste, placé lui-même en dehors de la hiérarchie mosaïque. Car, sils reconnaissent lautorilô de Jean, comment contesteraient-ils l'autorité de Celui dont Jean disait : « Je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure »?

Les Princes des prêtres, les Scribes, les Anciens ne croyaient pas à la mission de Jean, mais le peu[ile y croyait, et il avait raison d"y croire, puisque Jean, précurseur du Christ, initiait le monde à la doctrine qui devait le sauver.

(1; Galat.,n, 20.

La mission de Jean, c'était donc le commencement de la mission du Christ, comme la mission du Christ était le complément, la consommation de celle de Jean : et l'une et l'autre, également repoussées, également niées par la Synagogue, procédaient de Dieu seul, se justifiant assez par elles-mêmes, par le caractère intrinsèque de vérité et de sainteté (jui frappait la conscience du peuple.

On voit ici comment se renouvelle la société aux époques où sa vie épuisée menace de s'éteindre; comment s'opèrent les transformations, les développements qu'implique le progrès, loi première de l'humanité et de la création tout entière.

Le lien de l'avenir et du passé n"est pas le lien d'une succession matérielle, mais le lien de lesprit qui passe du corps usé, que le temps a dissous, dans un corps nouveau plus parfait.

Ne cherchez donc point l'étincelle de vie dans des cendres froides, et ne demandez point à la plante nouvelle d'où elle vient et pourquoi elle vit.

Elle vient de Celui decjui tout vient; elle vit parce qu'il a fait luire son soleil sur le germe invisible, et qu'il l'a humecté de la rosée du ciel.

2i2 APPENDICES

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