S LAMENNAIS
temps que nous et, comme nous, ont bien regretté de à'étre absentées. Mon bon oncle, j^ai fait tout ce qu^il a dépendu de moi pour que vos intentions fussent remplies. Je n'ai pas perdu courage. La foi, vos prières, TafiTection si profonde que j'ai pour vous, ainsi que les prières et les conseils du bon abbé Botherel, m*ont soutenue. M. Botherel prend le plus vif intérêt à tout ce qui vous concerne; il a été et est encore bien occupé de mon oncle Féli.
« Adieu, mon bon oncle. Que j'ai besoin de vous voir ! Offrez, je vous prie, mes respectueux hommages à M. Ruault, et recevez vous-même l'assurance de ma bien vive et bien sincère affection.
« Augustine. »
« Ne soyez pas inquiet de ma santé ; aujourd'hui, je suis aussi bien que possible. Le pauvre Ange, qui avait été obligé de s'absenter, pour affaires pressantes, avait recommandé de lui envoyer un exprès, mais, malheureusement, il n'a
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pas eu le temps de venir assez tôt. Je l'attends avec impatience ».
Afin de ne pas ajouter au désespoir de son oncle Jean, Mme de Kertanguy ne parle pas de la suprême tentative qu'elle fit auprès du mourant, lors de sa dernière visite du 26, et à laquelle M. Blaize fera tout-à-I'heure allusion. Le Procèsverbal la raconte en ces termes :
«t ... Survint Carnot(i), qui avait passé toute la nuit précédente chez M. Lamennais, et presque en même temps la nièce du malade. Sa première parole fut: Féli^ veux-tu un prêtre? tu veux un prêtre, n'est-ce pas ? Lamennais répondit : Non. La nièce reprit : Je t'en supplie. Mais il dit d'une voix plus forte : Non, non, non, qu'on me laisse en paix. »
Mme de Kertanguy affirma plus tard, entre autres devant M. Houet, l'exactitude de ce récit. Du reste, à aucun moment de sa maladie, on ne put se faire illusion sur la volonté de Lamennais,
{i)Le père du Président actuel de la République. — Forgues. 11.^4/7^.483.