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dans le cas où la mauvaise santé du pénitent lui paraîtrait le demander. En supposant la vérité du motif allégué et la réalité de la dispense, où trouver la raison d'un remords? Mais le motif allégué par le solliciteur (Lamartine, je crois) — sa vue affaiblie par le travail — n'était pas suffisamment vrai ; M. de Lamennais refusa d'en user. »
Lamennais (continue Tauteur) eut tort de renoncer â ses exercices pieux, « Je doute fort qu'il y ait renoncé avant sa rupture avec l'Église, (i) »
Voilà une légende de moins, nous nous plaisons à l'espérer; d'aîlleurs, il en reste encore assez de ce genre... pour ce qu'elles valent!
L'abbé Brwté écrîvaîï aux deux frères, le 14 septembre 1825, du Mont Ste Marie, près Emmitsburgh, une longue lettre d'où nous détachons les lignes suivantes :
(l)ll continua même d'alîer i la Messe, plusieurs années après avoir cessé de la dire, et pratiqua labstinence les jours prescrits par l Eglise, pendant ce temps-là. M^ de I.ucinière.qui raconte le fait, y voyait un motif d'espérer son retour.
« Bon ami (sic), chers frères, les deux en un.
M Vous ne voulez plus m'écrire ~ trois lettres sans réponse — je ne veux pas pour cela me priver de cette faible ressource des absents — plus faible encore et plus précaire à si grande distance, et tous trois trop occupés pour en profiter souvent — plus sages, peut-être, que moi, vous y avez renoncé — ce n'est plus de St Malo à Rennes, mais d'un hémisphère à l'autre. Inutile aussi de revenir sur cet étrange désappointement de 181 5 et 1824, passer deux fois les mers et manquer son inestimable ami (i) — ou sur cette félicité passée de quelques moments si heureux avec l'autre (2),
^^^ Il faut honorer la science et les talents,
oh ! Dieu me garde de blasphémer ses dons, mais voici du bon père Yvan, fondateur des filles de la Miséricorde, deux petits mots qui vous plairont mieux, mon Féli, mon bon Jean, que de parler science et talents! » (Suir la citation.)
L'abbé Brute parle ensuite de plusieurs auteurs
(i) Fcli.
(2) Jean.
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qui précédemment avaient écrit contre Tindiffércnce en matière de religion, afin, sans doute, de prouver à Féli que le mot comme la chose n'était pas neuf, ce dont Lamennais vraisemblablement ne doutait guère. Il ciie entre autres un cemin Amyraut, ministre calviniste, qui composa sous Louis XIII tout un gros volume où il dépeignait les ravages de ce mal de Tindifférence.
Cependant Lamennais était de retour de Rome, Tesprit rempli des choses qu'il avait vues et décidé plus que jamais à poursuivre, sans relâche, ses études apologétiques. L'amitié dont Léon XII Thonorait était pour lui le plus puissant encouragement. (1)
Son txère, rendu entin à la liberté, écrivait de la Chênaie, le i'^^ décembre 1825, à son am* Querret, alors professeur de Mathématiques spéciales à la Faculté des sciences de Montpellier :
c( Féli travaille : il en dira de belles ! comptez-y. »
(l) Il écrivait de Rome à Jean, le i6 juillet 1824: « Le Saint Père, que j'ai vu deux fois et qui ma comblé de bontés, veut me revoir encore, pour causer, ma-t-il dit, plus à lokir. » Blaize. II. 18.
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Féli en dit de belles, en effet, mais qui ne furent pas du goût de tout le monde. Aussi, en 1826, se vit-il condamné à 36 francs d'amende, pour avoir parlé peu respectueusement de certaines lois qu'il jugeait oppressives de la liberté de l'Eglise et, par suite, contraires à l'Évangile, (i) J'ai sous les yeux le brouillon de la petite allocution qu'il se proposait d'adresser à ses juges, il est plein de ratures et de surcharges, le voici :
« MM. Il y a d'étranges contrastes dans nos mœurs ! Un prêtre monte à l'autel ; il en descend pour s'asseoir sur cette sellette destinée aux plus vils malfaiteurs; et il ne peut ni rougir, ni regretter d'y être assis; car quel crime l'y amène, MM.? Qu'a-t-il fait? Que lui reproche-t-on ? Il a professé, il a défendu publiquement sa foi, la foi de l'Eglise catholique, apostolique, romaine, attaquée de toutes parts; de sorte que, si la crainte de
(l) Il s'agit du livre intitule- : "De h Religion considérée Jjns ses rapforts arec l'ordre politique et civil. Voir une longue note de Blaize. II. p. -b, où il raconte comment, en réalité, les choses se passèrent. Consulter également la lettre de Lamennais à M">* de Senfft. Forgues, Correspondance de Lamennais. I, 174.
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Faccusation qui pèse sur lui Tavait arrêté, il eût tralii son devoir de prêtre : de sorte que, s'il n'étaît pas maintenant sur cette sellette, sa conscience le repousserait de Tautel.
« Je ne viens donc point, MM., désavouer ni expliquer aucune des paroles que j'ai dites. Vous rendre juges de questî^es de doctrine, ce serait, comme prêtre et comme catholique, vous reconnaitre un droit ioconciliable avec ma religion. Cette religion, qui est aussi la vôtre, qui est celle de presque tous les Français, m'obligeait de professer les principes que j'ai soutenus, et dès lors, elle m'oblige encore à protester devant vous, que je ne m'en départirai jamais, que je les professerai, que je les défendrai jusqu'à mon dernier soupir. On prétend qu'ils sont opposés aux lois de l'Etat. je ne puis le croire, ni je ne dois pas le croire ; car la loi de l'État déclare que la religion catholique, apostolique, romaine, est la religion de rÉtat. Votre jugeineat m'apprendra si ce n'est là qu'une vaine déclaration. Quant à moi, mon devoir est fixé, il est te que Dieu l'a fait, et je ne saurais le changer. Que si vous me condamniez
pour l'avoir rempli, je m'en affligerais sans doute à cause des graves conséquences qui en résulteraient et que la France sentirait; mais je ne pourrais, MM., que me réjouir personnellement, à l'exemple des premiers Chrétiens, d'avoir été jugé digne de scj^ffrir pour le nom de Jésus (i); et ici jV^mprunterai, comme l'expression la plus complète de mes sentiments, les propres mots de l'Apôtre ; « Niliil vereor, necfacio animam meam pretiosiorem qitàm me, diimmodo consiimem ciirsum tneum et ministerium verbi quod accepi a Domino Je su ». (i)
« Voilà, MM., toute ma défense; mais ce n'est pas toute ma cause, et il y a d'autres considérations qui doivent vous être présentées dans l'intérêt général de la France et de la société. Ici la question change, et je me tais, car ce n'est plus à moi qu'il appartient de parler. »
Et il passait la parole à son avocat, M^ Berryer. On lit dans la notice publiée par Robinet, p. 48,
(i) Act. V, 41.
(2) Id. XX. 24.