ISOLEMENT FATAL DE FÉLI
l'abbé BOVER et l'abbé BLANC.
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M. Caron, auteur d'un ouvrage de philosophie opposé au Cartésianisme, écrivait d'Abbeville à Tabbé Rohrbacher la lettre suivante que nous croyons devoir insérer tout entière, parce qu'elle touche à cette question alors si brûlante, si refroidie maintenant, du sens commun, par les uns sacrifié à la raison individuelle que d'autres lui sacrifiaient au contraire; double exagération qui aboutissait au même résultat : la ruine totale de la raison humaine elle-même.
M. Caron, dans cette lettre, donne M. Jean de Lamennais comme une victime du Cartésianisme, C'est que le Cartésianisme est une sorte de Gallicanisme philosophique; il ne faut point s'étonner
dès lors de le voir s'unir au Gallicanisme théologique, pour combattre les défenseurs, en France,
des idées romaines, c'est-à-dire catholiques; Rome, sous ce rapport, est moins une ville que Tunivers lui-même, suivant le mot d'Ovide :
Geutihis est aîiis tcUus data limine certo : Romanœ spatium est tirais et orbis idem.
Voici la lettre de M. Caron :
« A Monsieur l'abbé Rohrbacher, à Malestroit (Morbihan), (i)
« Abbeville, le 23 Janvier i835.
« Monsieur et respectable ami,
« J'ai lu avec bien de l'intérêt les détails que vous me donnez dans votre lettre sur l'important ouvrage qui vous occupe depuis plusieurs années. ' Ce sera un beau présent que vous offrirez à
(i) L'abbc Rohrbacher allait bientôt retourner dans son diocèse d origine : Técole des Hautes Etudes, fondée à Malestroit par MM. Lamennais, ayant vécu.
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l'Eglise de Dieu. J'attends avec impatience la publication des volumes que vous m'annoncez. Une bonne histoire de l'Église nous manque et vous remplirez cette lacune. La pureté, l'orthodoxie de vos doctrines m'est connue depuis longtemps.
» Dans votre déclaration, insérée dans ï Ami de la religion, en date du 16 Septembre 1834, vous dites que dès 1827 vous vous trouvâtes explicitement d'accord avec M. Bouvier. Or, je n'ai pas lu la philosophie de M. Bouvier, mais, d'après ce qui m'en est revenu, je ne pense pas qu'elle soit bien nette et en tout d'accord avec le vrai sens commun, du moins tel que je le conçois, tel que je l'ai formulé dans ma démonstration.
« Vous terminez votre déclaration par ces paroles : « Aussi ai-je peur que quelqu'un ne trouve « quelque chose d'inexact dans cela même que je « viens de dire. »
« Je vous avouerai, avec candeur, Monsieur et très cher ami, qu'effectivement cette déclaration ne m'a pas paru suffisamment claire. Les mots : « Je ne crois nullement, du moins sous les mê-
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