‹ Lamennais, d'après des documents inédits [microform]Chapitre 78 sur 87 · MM** B · texte numérisé non relu

MM** B

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mVez fait rhonneur de m'écrire et m'empresse d'y répondre.

« M^ niémoke, bien affaiblie par Tage, n'est plus assez précise pour affirmer, sans pièces à lappui, les détails que vous dliir eaî. Le nom du docteur Jallat ne me rappelle absolument rien, mais je ne crois pas avoir jaiîiais entendu nommer h médecin de M. de la Mennais.

«c Votre excellente mère était à la maison, à FAbbaye-aux-Bois, lorsque M. l'abbé de Girard in vint en toute hâte prévenir que le danger était plus imminent; elle sV rendit immédiatement. En ce moment, j'étais allée chez M. d'Ortigues qui, nous avait-on dit, le veillait souvent la nuit et avait des sentiments religieux. Je ne le rencontrai point et à mon fetonr à FAbbaye, j'appris le départ d'Augustîne; fe me rendis immédiatement près d'elle. Elle me reçut dans l'antichambre et me dit qu'à son arrivée, M. Barbet lui avait dit avoir un écrit de M. de la Mennais le rendant absolument maître chei ^"'. << atin de lui éviter lesimpor- « tenîtés auxquelles îl pourrait être exposé, et

«voulantmourirtranquille(i)». En conséquence, il ne pouvait lui ouvrir la porte de son oncle qu'à la condition qu'elle ne renouvellerait pas les instances déjà faites par elle, sur la question religieuse. Augustine, je crois, ne répondit que par son silence. Nous entrâmes dans la chambre du malade; il nous dit quelques mots de bienvenue, nous reconnaissant parfaitement. Nous étions assises, Augustine à son chevet et moi au pied du lit : les tisanes passaient par nos mains. Augustine, en arrangeant ses oreillers, insinua dessous une médaille miraculeuse et crut remarquer que son agitation s'en était beaucoup accrue. Dans le courant de la nuit, ces Messieurs passèrent prendre quelque chose dans une pièce voisine, et nous offrirent d'en faire autant, ce que nous refusâmes. Mais Augustine devint très souffrante et fut obligée de quitter un instant le chevet de son oncle. A l'instant, un de ces Messieurs s'y installa et je dus m'éloigner un peu. Un autre prit

(i) M. Barbet ne montra point cet écrit : peut-être avait-il une s? raison pour cela.

rieuse

ma place ^Fun d'eux était un Polonais) (i); ils se croisèrent les jambes, de la manière la plus malhonnête pour nous, et évidemment pour nous dire : Vous n' approcher e:{ plus, nous gardons la place. Je me mis alors à genoux et en prières, de manière à ce que le malade m'eût en vue, s'il voulait élever une protestation. Augustine très fatiguée passa le reste de la nuit sur un canapé, du côté de la tête du malade qui ne pouvait Fapercevoir. Nous n'entendimes plus de lui que ces paroles : Mettei ^^s papiers en sûreté; car, aussitôt ma mort, la police mettra les scellés (2); puis, une autre fois : Ce sottt tnaintenant les bonnes heures (3). Il avait, dans la voix, comme une sorte de délire.

il) * Entre autres personnes qui vinrent ce soir là (Dimanche 26 Fevner). étaient : M. Benoît Champy, 1 un des exécuteurs testaaentaires ; k mmce jmfomis Carrowski ; le général UUoa Carnut revint !c soir, ainsi que Henri Martin et J*an Revnaud. Ce qui s était passe le soir, en leur absence, leur fut redit textuellement alors- ils partirent à dix heures du soir tous les trois, et. en même temps qj.e«. Armand Levy. Restèrent pendant la nuit : Augu.te Barbet, Montanelh Forgues M"»- de GrandviUe et la nièce de Lamennais. J rorgaes, U. AppenJtee, p. 486.

(a) Paroles non citées par Forgues. •

(3|I1 «vitt dit précédemment, avant l'arrivée de M- de GrandviUe d après Forgues : Ce sont les h^ns moments. Id. p. 485.

n APRES DES DOCUMENTS INEDITS

« La garde malade, protestante, nous a-t-on dit, ne se tenait pas dans la chambre.

« Au point du jour, le médecin revint, et lorsqu'il eut examiné le malade, il déclara, nous dit^ on[i), car nous avions quitté la chambre pendant son inspection, que puisque cette heure ordinairement inquiétante était passée, il vivrait jusqu'au soir. Augustine, toujours très souffrante, désirait beaucoup retourner pour quelques heures à l'Abbaye-aux-Bois.

« Mais à peine y étions nous arrivées que Ton vint nous prévenir que tout était terminé! Ce qui nous glaça d'étonnement et d'épouvante.

<' Augustine désira retourner, une dernière fois, auprès de son oncle et je 1 y accompagnai. En nous recevant, M. Barbet lui dit : Maintenant, Madame, vous êtes che:^ vous (2). Nous ne restâmes que quelques instants en ce lieu qu'aucun signe religieux ne consolait.

I) Ce détail nous semble très significatif, et ne laisse aucun doute sur le des.r quava.ent Barbet et ses compagnons, d'être seuls témoins de la mort de Lamennais.

(2) Il n'avait plus rien à craindre !

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3oi|.

« Quand Augustine était arrivée à Paris, son frère M. Ange Blaize, était installé chez son

oncle,maisàsoninsu,parcequ'ilsétaient brouillés. Je l'avais vu, Je crois, lors de ma première visite. Je prévins que j'allais écrire à la famille, en Bretagne, puisque l'on me refusait de voir le malade. Je le fis, en effet, immédiatement; et lorsque, le lendemain, je revins prendre des nouvelles, on me fit entrer dans un salon où je trouvai un grand nombre de Messieurs qui me dirent que le malade me recevrait ce jour là, et qu'ils pensaient que je n'avais pas écrit, la veille, que sa porte m'était refusée, ce qui pourrait paraître un cas de séquestration et serait fort grave. Je répondis que je le jugeais ainsi, et que c'était pour cela que j'avais prévenu immédiatement la famille.

« On m'introduisit, mais on ne me laissa pas seule, et le malade ne me dit que quelques mots affectueux. M. l'abbé Jean, sur ma dépêche, se mit immédiatement en route, mais la maladie le retint à Rennes, et votre bonne mère accourut.

« Vous aurez lu, je pense. Monsieur, l'ouvrage de M. Forgues (chez Paulin, éditeur, rue Riche-

iZ''^' ^^^ DOCUMENTS INÉDITS

l'eu, 6o). Il m'avait dans le temn. - •

vine. bien, ,-e déclinai la:;:;; °'""^^°"^'^ '^-

ma sœur ( \ ''^' '^''' '"^^^'^ -""fiée à

ma sœur (i et jointe aux lettre, n„»

de M. votre oncle. J'ai JëLLl;"" dans ripc • ^ecnerche cela, ce matin,

^ans des papiers non encore visités et je ne l'a pas rencontré.... ' ^ ^ ^^

« Agréez, Monsieur, etc.

« De Grandville, née de Cornulier ».

Les détails que nous venons de lire, achèvent de ous conva.ncre du vif désir qu'éprouvaient 1 nouveaux amis de Lamennais do i • fidèle à ses con, • • "'"'' "'°""'

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(■) M". Hélén. de Cor„„,i„.

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hautement son impiété. Mais, répétons-le, car rimpartialité nous y oblige : ils trouvèrent un complice déterminé dans Lamennais lui-même. Que fût devenue l'obstination de l'infortuné, s'il n^eùt vu près de lui que des personnes toujours aimées, telles que sa nièce, M«"e de Grandville, le baron de Vitrolles, etc., qui souhaitaient si ardemment le voir abjurer ses erreurs et revenir à ses convictions d'autrefois? Eût-elle cédé devant leurs supplications, leurs larmes et leurs prières? Cest le secret de Dieu.

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