‹ Lamennais et GerbetChapitre 15 sur 56 · L A ME N NÀ1 S E 1 G K È /»' K T · texte numérisé non relu

L A ME N NÀ1 S E 1 G K È /»' K T

« Vous voudrez bien me réitérer cet avis à la fin de chaque trimestre.

« Le sous-préfet de Neufchâteau, « {Signé) Laurent. »

Un aulre sous-préfet écrit :

« Si votre desservant s'acquitte de ses devoirs à votre satisfaction, remettez-lui son mandat et envoyez-m'en le récépissé ».

Un préfet directement à un desservant :

« Monsieur,

« M. le Ministre de l'Instruction publique et des Cultes m'a annoncé, par sa lettre du 25 de ce mois, que, par suite de renseignements qui viennent de lui être transmis, il est couvaincu de l'absolue nécessité de vous faire donner une autre destination. Il a écrit, à ce sujet, à M. l'évêque du Mans; et, afin que cette nouvelle intervention de sa part soit d'un effet plus sûr, M. le Ministre prie de vous notifier que vous ne jouirez, à partir de demain, d'aucun traitement payé par l'Etat ou par la commune, tant que vous continuerez d'y résider. »

« Voici donc un ministre, s'écrie Lamennais, qui se croit permis d'envahir les droits de l'épiscopat, et de déplacer les curés, selon son bon plaisir. Et il ne se donne pas môme la peine de faire connaître les motifs qui lui ont fait prendre une détermination inique à l'égard de M. le desservant de Souligné. Il faut qu'il soit renvoyé uniquement parce que M. Barthe est convaincu de

l'absolue nécessité de lui faire donner une autre destination. Il est pourtant bien clair que la charte assure un traitement aux ministres du cuite catholique, et nulle loi n'autorisant le gouvernement à les destituer, le traitement est dû légalement audesservantdeSouligné...Maisquand nous aurons répétécelacentfois,qu'enrésultera-t-il, si le ministre ne veut pas se conformer à la loi, et s'il n'existe pas de moyens de l'y contraindre?

« Nous félicitons M. le curé de Souligné du bonheur qu'il a de souffrir pour la religion. Courage! et peut-être, dans ses souffrances, l'Eglise va trouver l'occasion de poser les fondements de sa liberté. Un ministère indigne lui refuse le pain que la charte lui garantit. Qu'il laisse là le ministère : qu'il aille à ses brebis et qu'il leur demande du pain...

« Ce n'est point avec un mandat sur les payeurs de César que Jésus envoya ses apôtres à la conquête du monde, mais avec la croix et une confiance sans bornes en cette Providence qui donne chaque jour ce qui est nécessaire à chaque jour. Après tout, que faut-il au prêtre pour accomplir sa mission divine? Des lèvres indépendantes et un morceau de pain. L'Etat vous offre le pain, mais à la condition qu'il mettra le sceau sur vos lèvres, et que vous serez ses hommes à lui, avant d'être des hommes à Dieu. Rompez ce pacte indigne, et rendez à la parole que vous êtes chargés de porter aux peuples son irrésistible efficacité. »

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