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CHAPITRE XII

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Il est une chose que je ne pardonne jamais à une doctrine; c'est son hypocrisie, ses promesses menteuses dont elle séduit les masses pour leur déchéance et leur ruine. L'hypocrisie dans un homme, est un hommage rendu à la vertu, mais dans une doctrine, c'est un crime social.

La doctrine libérale avec ses apparences séductrices de liberté a fait plus de mal que les philosophes du xviir siècle, dont elle est issue, que le matéralisme et le positivisme modernes.

Les philosophes du xvine siècle, les matéralistes et les positivistes qui les ont suivis, ont du moins pour eux la franchise brutale, parfois cynique, toujours sincère, tandis que les libéraux vous enlacent perfidement sous dehors de vous affranchir,

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et vous réduiseut a la servitude, en vous chantant la liberté.

Cette sirène de la liberté qui précède le cortège de toutes les servitudes, a séduit plus d'un nautonier, sur la mer désolée et souvent agitée de ce monde. Elle les a conduits un bandeau sur les yeux, jusqu'aux écueils les plus redoutables pour les y faire échouer misérablement. Parmi ses victimes,, il faut placer au premier rang, dans notre siècle, Lamennais, et n'en aurait-elle pas fait d'autre, ce serait assez pour que tout chrétien lui vouât une haine immortelle. Lacordaire et Montalembert faillirent aussi y trouver leur ruine morale.

0 liberté ! 0 charmeuse implacable de la vie, que tu as été cruelle et trompeuse, pour tous ces grands esprits qui venaient à toi avec la confiance naïve de l'enfant. Ils croyaient dans leur âme généreuse, que tu ne serais que pour le bien, pour le vrai et pour le juste, et i.u as été pour le mal pour l'erreur, et pour l'injuste, avec une souveraine indifférence. Tuas été même plus pour le mal, et tu as réduit le bien sous sa servitude. Tu as été même plus pour l'erreur, et tu as réduit le vrai sous sa servitude. Tu ;is été même plus pour l'injustice, ô perfide, et tu as réduit la justice sous

a lionteuse servitude. Ce siècle semble déc.uvrir tes forfaits; se* premières lueurs illuminant luii iruhi y découvrent la trace indélébile du sang d'Abel. Liberté ! liberté qu'as-tu lait dos peuples

qui se sonl assis sous ton ombre, qui se sont on-

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dormis sous ton égide ? Au lieu de les bercer pour le repos et la paix, ne les as-tu pas bercés pour la mort ?

C'est le libéralisme où ses propres amis l'avaient engagé qui a perdu Lamennais. Chose étrange, incompréhensible; cet esprit absolu, entier, franc, s'est laisse prendre par cette doctrine captieuse, de si peu de franchise, qui pactisait avec toutes

vu erreurs et s'en accommodait. Lui qui disait qu'un seul fait dominait le monde, comme le soleil de toutes les intelligences, que ce seul fait était la vérité catholique, a pu admettre qu'on soutînt le contraire, au sortir delaChesnaie. Lui, l'homme au verbe enflammé qui ne supportait même pas la contradiction, qui se révoltait à la moindre hésitation de ses disciples, devant cette lumière de la foi qui couronnait son front, a pu admettre la liberté qui autorise Terreur à combattre cette foi.

, Lui l'homme de la logique, reniant ses principes, a donné les même droits à cette erreur qu'il avait si fort combattue ? La liberté de tout dire implique, en effet, la liberté de nier Dieu, la liberté d'insulter Dieu, de blasphémer son nom, la liberté d'honorer Satan, et de refuser à Dieu l'honneur et le culte qui lui sont dus.

Cette liberté n'est pas la liberté, mais la plus infâme licence! Donne-t-on jamais à des enfants à moins d'avoir perdu le sens moral, la liberté de renier leur père, la liberté de lui refuser l'obéissance et le respect, la liberté d'honorer celui qui travaille à sa ruine? Or, Dieu a plus de droit que

le père lui-même, aux hommages et à l'amour de son enfant, car il est le père, le créateur et le conservateur de l'humanité entière. Sans Dieu, les hommes indifférents les uns aux autres ne sont plus qu'un troupeau humain, que les instincts les plus sordides ravalent à la condition de la brute.

Lamennais avait écrit un livre admirable, sur l'indifférence en matière religieuse. Il n'admettait pas cette indifférence ; il la combattait avec des arguments sans réplique, et, inconséquence bizare, il demandait la liberté de conscience et la liberté des cultes. Ah ! il fallait que le libéralisme l'eût bien séduit de ses promesses mensongères auxquelles il a failli de tous points, afin que les hommes d'Etat comprissent, sans doute, que les peuples ne sauraient être libres de nier Dieu, sans tomber dans l'anarchie, et jeter par terre tous les trônes.

Ebranler les droits de cette autorité primordiale, c'est les ébranler tous; c'est la ruine de toute souveraineté. C'est le désordre et le chaos, C'est la conséquence fatale, inévitable, des doctrines libérales que Pie IX appelait si bien les doctrines scélérates. A la faveur de ces doctrines dissolvantes et empoisonnées, toutes les notions de justice et de vérité disparaissent, et la tyrannie collective s'avance sur Les ruines de la tyrannie individuelle, pour opprimer le monde de la dernière oppression, et conduire les peuples à la barbarie.

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