CONCLUSION
Après l'avoir suivi depuis YEssai sur F Indifférence à travers tous les points du ciel où son astre éclatant avait successivement brillé, Lamartine arrivait enfin, à la suite de Lamennais, au christianisme social indépendant auquel, durant toute sa carrière politique, il allait désormais demeurer constamment fidèle. Quel progrès accompli, depuis l'époque où, rejeté des flots harmonieux du Lac aux malédictions du Désespoir ^ le poète, recueilli par la ferme pensée du philosophe chrétien, avait commencé de renaître à la foi ! D'abord, l'arrachant aux incertitudes de la philosophie humaine, Lamennais lui avait montré dans la foi la lumière à laquelle aspiraient ses impatiences ; il l'avait habitué à lire Dieu dans l'univers, à découvrir partout présente, partout agissante, la Providence ; et, par suite, à comprendre la richesse et la fécondité des croyances qui nous la révèlent. Déjà, même alors, il l'avait rendu capable de briser pour un temps les révoltes de sa raison individuelle sous l'empire de la raison générale, et d'un